Un tour du monde « des basses technologies » en voilier

Publié le : Last updated:

Temps de lecture : 3 minutes  

basses technologies

Corentin de Chatelperron présente un système « low tech » de culture hydroponique permettant de faire pousser des plantes sans terre, le 20 février 2016 à bord de son catamaran « Nomade des mers » à Concarneau
© AFP/Archives FRED TANNEAU

Paris (AFP) – « Nous créons une sorte de wikipedia des low-tech ». Corentin de Chatelperron, ingénieur et aventurier, embarque les téléspectateurs dans un tour du monde à la voile des « basses technologies », à partir du 29 octobre sur Arte.

Ces « low-tech » sont des systèmes D. élaborés par des gens « qui vivent sous contrainte, ingénieux par nécessité », explique ce Breton de 35 ans, président de l’association « Gold of Bengal » pour la transmission des low-tech.

Arte documente, jusqu’au 16 novembre, son périple autour du monde à bord de son catamaran « Nomade des mers » en quête « d’autonomie », au départ de Concarneau, siège de l’association.

A chacune de ses escales, au Maroc, au Sénégal, au Brésil, à Madagascar, aux Seychelles où au Sri Lanka, il a rencontré des « Géo Trouvetou » et autres « MacGyver » à la recherche d’innovations, bonnes idées, solutions simples et écologiques qui répondent aux besoins de base dans les domaines de l’habitat, l’alimentation, l’eau, l’énergie, etc.

« Notre mission vise à tester les low-tech qui marchent et celles qui ne marchent pas, et de le faire savoir », poursuit l’ingénieur au visage juvénile d’étudiant.

L’une de ces low-tech est une éolienne mise au point par un Sénégalais de Dakar pour produire de l’électricité. « Elle ne coûte pas grand-chose à fabriquer, facile à répliquer pour les plus démunis et les plus isolés », s’enthousiasme l’explorateur.

Comme toutes les low-tech découvertes en chemin, il a appris à la fabriquer avec son inventeur avant de la tester à bord du bateau, aménagé en « ferme flottante » avec ses cultures et son poulailler.

« Mais j’arrête les poules! », s’exclame-t-il, « je me mets aux grillons que j’ai appris à élever en Thaïlande, c’est hyper facile ! Soixante grammes apportent autant de protéïnes, vitamines et minéraux qu’un oeuf ». « On s’y fait vite, c’est un peu comme des crevettes terrestres ! », assure-t-il.

La deuxième partie de l’aventure doit se poursuivre à partir de janvier, toujours avec Arte. Le bateau quittera la Thaïlande, où il se trouve actuellement, et se rendra en Malaisie, à Singapour, aux Philippines, au Japon etc.

« Au Vietnam où nous devrions passer en avril, nous étudierons la fermentation qui est un moyen efficace de conserver de la nourriture », fait-il valoir.

L’association compte douze membres dont une partie travaille sur un tour de France des low-tech, objet d’une exposition « En quête d’un habitat durable » jusqu’au 28 octobre au parc André Citroën à Paris.

« Une autre équipe travaille sur la fibre de jute avec la construction d’une voiture avec ce matériau à Madagascar », annonce Corentin de Chatelperron. Il avait étudié son potentiel en 2010 alors qu’il vivait au Bangladesh. En 2013, il était parvenu à concevoir « Gold of Bengal », voilier en fibres de jute.

En cinq ans d’existence, l’association a essaimé. Plusieurs organisations équivalentes ont vu le jour au Maroc, en Allemagne, au Québec, en Grèce et dans plusieurs villes françaises.

« C’est le tout début, mais j’aimerais que d’ici dix ans nous ayons un maillage dans chaque pays sur lequel compter pour diffuser des low-tech », espère-t-il, « nous voulons devenir la NASA des low-tech ».

Leur diffusion est assurée par le biais de son « Low-tech Lab », plateforme en ligne, en réseau ouvert et gratuit, avec fiches techniques et tutoriels vidéo.

« Ce voyage nous a poussé à nous renseigner sur tous les problèmes des régions que nous visitions comme l’aridité des sols, la malnutrition, la déforestation, la pollution, la disparition de la biodiversité qui a diminué de 60 % en 40 ans », raconte-t-il.

« Ça donne un aperçu de l’état de la planète et l’impression de lui avoir pris le pouls », déclare-t-il. « J’avoue avoir besoin de réfléchir beaucoup pour trouver le moyen de rester optimiste… »

© AFP

Media Query: