Oléoduc : le Canada relance le projet Trans Mountain avec de nouvelles consultations

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Des membres d’une communauté autochtone manifestent contre le projet d’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain, le 10 mars 2018, à Burnaby, au Canada
© AFP/Archives Jason Redmond

Ottawa (AFP) – Le gouvernement canadien a annoncé mercredi qu’il allait relancer le projet controversé d’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain en consultant de nouveau les populations autochtones sur son impact environnemental, se pliant ainsi à une décision de justice.

Ottawa ne fera pas appel de la décision de la Cour d’appel fédérale, qui avait suspendu fin août le projet du triplement de capacité de Trans Mountain entre l’Alberta et le port de Vancouver, a déclaré mercredi le ministre des Ressources naturelles du Canada, Amarjeet Sohi.

« Si nous faisions appel, cela prendrait des années avant que l’on puisse commencer la construction », a expliqué le Premier ministre Justin Trudeau. « Et nous croyons que les recommandations que la Cour a formulées » à propos de l’oléoduc « vont nous permettre de faire les choses plus rapidement pour acheminer nos ressources vers de nouveaux marchés, autres que les Etats-Unis », a-t-il dit à la presse.

La justice avait recalé ce projet, stratégique pour le gouvernement de M. Trudeau, au motif qu’il n’avait pas suffisamment pris en compte les craintLes des quelque 120 groupes représentant les populations autochtones de la région, sur ses conséquences environnementales.

« Nous allons faire les choses différemment cette fois », a promis M. Sohi lors d’un point presse. « Nous avons décidé de suivre les recommandations de la Cour d’appel fédérale. Nous pensons que nous pouvons et nous devons aller de l’avant en lançant des consultations importantes avec les groupes autochtones ».

Le gouvernement de Justin Trudeau, qui a fait de la réconciliation avec les Premières nations l’une de ses priorités, va privilégier « le dialogue » et « écouter attentivement les inquiétudes des populations autochtones et proposer des ajustements chaque fois que possible », a insisté le ministre.

La justice avait annulé fin août le permis émis par l’Office national de l’énergie (ONE) pour l’élargissement de Trans Mountain au motif que cet organe indépendant n’avait pas pris en compte l’impact du projet sur une population d’orques menacée, notamment en raison de la hausse du trafic de pétroliers sur la côte pacifique pour exporter les hydrocarbures acheminés par l’oléoduc jusqu’au port de Vancouver.

Le 21 septembre, le gouvernement Trudeau avait déjà ordonné à l’ONE de « revoir ses recommandations en tenant compte des effets du transport maritime lié au projet », et lui avait accordé un délai de 22 semaines pour réaliser cet « examen approfondi ».

Reliant les champs pétroliers de l’Alberta au littoral, à travers les montagnes Rocheuses, l’oléoduc Trans Mountain, long de 1.200 km, est actuellement saturé. Le projet prévoit le triplement de sa capacité à 890.000 barils de pétrole par jour.

© AFP

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