TK Bremen échoué: le capitaine turc assure à son procès ne pas avoir commis de faute

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Le cargo maltais TK Bremen échoué sur la plage d’Erdeven, le 16 décembre 2011 dans le Morbihan
© AFP/Archives DAMIEN MEYER

Brest (AFP) – Le capitaine turc du cargo TK Bremen qui s’était échoué fin 2011 lors d’une forte tempête sur une plage bretonne a réitéré mercredi au premier jour de son procès à Brest n’avoir à son sens pas commis de faute de navigation.

Assisté d’une traductrice, Rifat Tahmaz, 55 ans, a acquiescé à la barre du tribunal correctionnel de Brest à la question de la présidente Audrey Berrier de savoir s’il réitérait ses propos tenus lors d’auditions précédentes selon lesquels à son sens il n’avait « jamais commis de faute de navigation ».

Seul mis en cause dans ce procès, le commandant turc a assuré en outre que s’il avait su qu’il pouvait rester pour la nuit au port de Lorient, il n’aurait pas pris la décision de lever l’ancre le 15 décembre au matin.

Les débats lors de cette première matinée se sont concentrés sur les circonstances qui ont abouti au départ du cargo, avec les témoignages du commandant du port de Lorient de l’époque et de l’agent consignataire de l’armateur du TK Bremen.

Battant pavillon maltais, le cargo de 109 m de long avait quitté Lorient le 15 décembre à 11H00, alors que la tempête Joachim était annoncée.

Le capitaine avait ensuite décidé de mouiller à l’abri de l’île de Groix, avant de s’échouer sur la plage d’Erdeven, dans le Morbihan, dans une réserve naturelle à l’embouchure de la ria d’Etel, sans faire de victime et en créant une pollution relativement restreinte. Trop endommagé pour être réparé, le navire avait été démantelé en janvier sur le lieu du naufrage.

En avril 2012, le BEA Mer avait conclu que l’échouement du cargo résultait du mauvais temps, ainsi que d’une mauvaise gestion du mouillage par son commandant.

Rifat Tahmaz comparaît pour « pollution des eaux territoriales par faute caractérisée ou violation manifestement délibérée d’obligation de sécurité ou de prudence ». Il risque, selon le code de l’environnement, jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 10,5 millions d’euros d’amende.

Parmi les nombreuses parties civiles dans ce procès, les associations France nature environnement, Bretagne vivante, le syndicat mixte de protection du littoral breton Vigipol ou encore Robin des Bois, qui a décidé « symboliquement » de ne pas assister au procès prévu pour durer deux ou trois jours.

« Ce sera encore un procès pour rien », a expliqué à l’AFP Jacky Bonnemains, à la tête de Robin des Bois, regrettant que seul le commandant ait été mis en cause.

« La capitainerie de Lorient a laissé partir ce navire qui manifestement était en mauvais état et alors que les prévisions météo étaient très mauvaises », a-t-il exposé, estimant que la capitainerie avait une « responsabilité partagée et importante » dans l’échouage du navire.

« L’armateur a mis les clés sous la porte donc tout retombe exclusivement sur les épaules du commandant et cela ne nous satisfait pas », a-t-il ajouté.

© AFP

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