Climat : quelques enseignements attendus du rapport du GIEC

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Des icebergs photographiés au crépuscule près de Flatrock (Terre-Neuve), au Canada, le 25 avril 2017
© GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives Drew Angerer

Paris (AFP) – Entre +1,5°C et +2°C de réchauffement, les impacts seront bien différents, décrit le groupe des experts climat de l’ONU, selon des versions provisoires de son rapport.

Où en est-on ?

Si les émissions de GES (gaz à effet de serre) générées par l’homme gardent leur rythme actuel, le réchauffement terrestre moyen dépassera +1,5°C (par rapport au niveau pré-industriel) d’ici environ 2040.

Si toutes ces émissions cessaient immédiatement, il est probable que le monde resterait sous ce seuil critique de 1,5°C. Pour autant, les gaz déjà émis continueraient à eux seuls à générer certains impacts, notamment en terme d’élévation du niveau des mers.

Quels impacts prévus ?

Les risques se trouvent réduits à +1,5°C, par rapport à +2°C, qu’il s’agisse du nombre d’événements extrêmes, de vagues de chaleur dans le monde entier, de précipitations diluviennes prévues dans la plupart des régions, de feux de forêts, d’invasions ou d’extinctions d’espèces, de productivité des océans, de rendement agricole global, ou encore de perte plus limitée du permafrost, les sols gelés des hautes latitudes.

Ces risques seront moindres en particulier si l’on évite de dépasser 1,5° (au lieu de le dépasser pour ensuite faire baisser la température plus tard dans le siècle). Car se rapprocher d’un réchauffement de +2°C aurait des impacts irréversibles sur certaines espèces (plantes et vertébrés).

Pour autant, stopper le mercure à 1,5°C d’ici 2100 pourrait ne pas suffire à stopper la déstabilisation des calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groënland, promesses de montée des mers importante dans les siècles à venir.

Que faire ?

Stabiliser le réchauffement à 1,5°C exige d’arriver à une neutralité en émissions de CO2 (issues à 80% de la combustion des énérgies fossiles) au milieu du siècle : ne plus émettre dans l’atmosphère plus que ce que nous sommes capables d’en retirer. Tout en réduisant les autres GES, notamment le très réchauffant méthane. Et les chances de succès sont accrues si cela se fait d’ici 2030.

Le résumé provisoire suggère aussi, dans ses graphiques, que le maximum des émissions mondiales de CO2 soit atteint… en 2020.

Alors comment faire? Il n’y a « pas de réponse simple » à la question de la faisabilité, souligne le Giec.

Cela demandera une transition « rapide et vaste », ces 10 ou 20 ans à venir, en matière de systèmes énergétiques, urbains, industriels…

La plupart des scénarios étudiés par les experts pour rester à +1,5°C, incluent des procédures d’absorption du CO2 (par les sols et forêts notamment).

Mais en l’état actuel des connaissances, le captage et le stockage de CO2 à très grande échelle n’est pas maîtrisé par les industriels. Le plus sûr reste une réduction très rapide des émissions, notent les experts.

Le Giec en revanche ne retient pas l’option, très « incertaine », des techniques de manipulation du rayonnement solaire (par exemple via l’envoi d’aérosols dans la stratosphère pour refroidir le climat).

© AFP

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