Raphaël Berruyer, du réseau AMAP d’île-de-France, présent le 29 et 30 septembre à la fondation GoodPlanet : « permettre à n’importe qui d’accéder à des aliments locaux et sains »

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Une distribution de paniers AMAP à Toulouse © AFP PHOTO / PASCAL PAVANI

Les Associations pour le Maintient de l’Agriculture Paysanne (AMAP) ont été lancées en 2003 en région parisienne. Elles connaissent un succès croissant en proposant aux citoyens de soutenir des fermes en acquérant chaque semaine des paniers de produits locaux. Raphaël Berruyer, un des administrateurs du réseau AMAP Île-de-France explique la démarche. Il sera présent pour le week-end Faire ses courses autrement (29 et 30 septembre 2018 au Festival Miam !) au Domaine de Longchamp à Paris.

Quel bilan pour les AMAP depuis 15 ans ?

 Il existe 2000 groupes AMAP en France dont 300 pour la région Île-de-France. Un groupe AMAP est une association constituée d’un groupe de citoyens appelés Amapiens et de l’autre côté un producteur local nous appelons paysan.

Pour la région, combien de personnes et d’exploitants sont concernés ?

210 fermes fournissent chaque semaine un panier dans le cadre du partenariat AMAP à 16 000 familles en Île-de-France.

Qui sont les membres des AMAP ?

Des citoyens ordinaires soucieux de maintenir une production alimentaire de proximité et de qualité, il n’y a pas de profil type. La force de ce type d’initiative citoyenne est de permettre à n’importe qui d’accéder à des fruits et des légumes, et plus largement des aliments, locaux et sains.

 Qu’est-ce que les agriculteurs en retirent ?

Le paysan producteur doit être capable de vivre de sa production AMAP. C’est un des engagements fondateurs de l’associaiton qui se traduit par un engagement contractuel de 6 à 12 mois entre le paysan et les membres d’un groupe AMAP. Le paysan dispose alors d’une visibilité et d’une sécurité financière. Il s’engage à produire une certaine quantité de fruits et de légumes. Mais, en cas d’aléas climatiques, les amapiens acceptent une baisse de la production. Il bénéficie aussi de l’aide des amapiens, citoyens investis, qui participent quelques jours aux travaux de la ferme, aident à la distribution ou assurent la promotion de la philosophe AMAP.

Comment les AMAP peuvent aider à maintenir les terres agricoles face à l’urbanisation croissante de la région Ile-de-France accentuée par la hausse des prix du foncier ?

La question du foncier est traitée par l’association Terre de Liens dont la vocation est de sécuriser les terres agricoles et d’aider les paysans à s’installer. Les AMAP témoignent déjà d’une demande des citoyens et des consommer pour les produits locaux. Nous agissons au niveau local et régional pour encourager le maintien et la création de fermes, de maraichage…. Le tout en partenariat avec d’autres structures et associations. Pour un aspirant producteur, la sécurité financière du partenariat AMP est très importante pour sécuriser ses investissements.

Les habitudes des consommateurs évoluent avec le recours aux applis, à la livraison à domicile, comment les AMAP s’adaptent ?

Chacun décide en fonction de ses besoins, de ses habitudes et de ses convictions de ce qui lui convient le mieux. Les habitudes de consommation peuvent évoluer d’une personne à l’autre et au cours de l’existence. Les AMAP proposent du circuit-court alimentaire. Certaines personnes préfèrent une alimentation plus locavore, des contacts directs avec le producteur.

Avez-vous un conseil à celles et ceux qui veulent rejoindre une AMAP ?

Le site Internet du réseau des AMAP Île-de-France permet de trouve rune AMAP proche de chez soi. Je conseille de regarder où trouver une distribution, de s’y rendre, d’aller à la rencontre des membres, de discuter afin de faire connaissance pour voir si le projet plaît.

Enfin, le panier hebdomadaire AMAP est-il une contrainte ?

Au début, le fait d’ignorer à l’avance le contenu du panier hebdomadaire m’est apparu comme un frein. Je me demandais comment faire pour cuisiner. Mais le fait d’avoir ces paniers pré-faits permet de découvrir de nouveaux aliments et de nouvelles saveurs, on redécouvre des fruits et des légumes. Et donc des recettes et des plats. Cela ouvre l’esprit. On finit par trouve ça génial. Chaque semaine, je découvre mon panier comme si j’ouvrais un paquet cadeau.

Propos recueillis par Julien Leprovost

Pour aller plus loin :
– le site des AMAP de la région Île-de-France

– Voir ou lire notre interview avec Freddy le Saux, président de Terre de Liens

– Le programme du week-end Faire ses courses autrement à la fondation GoodPlanet le 29 et 30 septembre à Paris

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