Les Maldives, un paradis touristique menacé par la montée des eaux

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Pour dénoncer la montée des eaux qui menace le pays,le président Mohammed Nasheed, avait organisé en 2009 un conseil des ministres sous-marin
© The Maldives Presidency/AFP/Archives HO

Colombo (AFP) – Les Maldives, où l’autoritaire président Abdulla Yameen vient de subir une défaite électorale inattendue, est un micro-Etat touristique de l’Océan indien, menacé par le réchauffement climatique en raison de sa faible altitude.

Les Maldives, un des plus petits Etats membres de l’ONU, avec 340.000 habitants (recensement de 2014), ont été dirigées d’une main de fer pendant 30 ans par Maumoon Abdul Gayoom, président de 1978 à 2008.

En 2008, l’opposant Mohamed Nasheed, militant des droits de l’Homme plusieurs fois emprisonné, est le premier président démocratiquement élu après l’introduction du multipartisme.

Acculé à la démission en 2012 par une rébellion de l’appareil sécuritaire, il est battu lors d’un scrutin controversé par Abdulla Yameen, demi-frère de Maumoon Abdul Gayoom.

Les principaux opposants sont emprisonnées ou s’exilent, comme Mohamed Nasheed, réfugié au Royaume-Uni et au Sri Lanka. La presse et les réseaux sociaux sont muselés.

Début 2018, la situation se tend encore avec 45 jours d’état d’urgence en réponse à des décisions de justice cassant des condamnations d’opposants. M. Yameen obtient que la Cour suprême revienne sur sa décision. L’ex-président Abdul Gayoom, rallié à l’opposition, est emprisonné.

Situées dans l’Océan indien, au sud-ouest du Sri Lanka, les Maldives sont constituées de 1.192 îles (dont 200 habitées), éparpillées sur 800 kilomètres. Elles abritent environ 3% des récifs coralliens dans le monde.

Le tourisme est la principale ressource, représentant près de 40% du PIB en 2017 et 16% des emplois, selon le Conseil mondial du tourisme et des voyages.

Cette destination, connue pour ses plages paradisiaques de sable blanc et sa mer bleu turquoise, a attiré 726.515 touristes au premier semestre 2018, en hausse de 10% sur un an.

Elle est notamment prisée pour les lunes de miel, comme celle des comédiens Tom Cruise et Katie Holmes en 2006.

Le PNB par habitant a progressé de plus de 200% entre 1990 et 2015 selon la Banque mondiale, mais le pays affiche un fort endettement.

En 2017, les ménages ont été probablement été très affectés par une hausse de 5,6% des prix alimentaires et des boissons et une augmentation de 4,6% des loyers.

C’est l’un des pays les plus vulnérables au réchauffement climatique, avec 80% des terres à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer.

En 2009, Mohamed Nasheed, alors président, a même organisé un conseil des ministres sous-marin pour sensibiliser à ce danger, avertissant que les habitants de l’archipel risquaient de devenir des « réfugiés climatiques ».

Le tsunami de 2004 y avait fait une centaine de morts et disparus.

Les Maldives, situées sur une route commerciale, ont connu plusieurs colonisations. Les experts pensent que l’apparition de l’islam date du 12e siècle, lorsqu’un roi bouddhiste s’est converti.

Des explorateurs portugais ont occupé l’île de Malé (actuelle capitale) au 16e siècle. Puis deux protectorats se sont succédé, néerlandais et britannique. Le sultanat des Maldives est devenu indépendant en 1965.

Le pays a longtemps pratiqué un islam modéré, mais des interprétations plus radicales se sont répandues avec un afflux d’argent et de prêcheurs salafistes venus du Moyen-Orient.

L’islam sunnite est la religion d’Etat, toute autre religion étant proscrite. L’alcool est interdit, uniquement disponible dans les hôtels pour touristes. L’homosexualité est illégale. Les femmes reconnues coupables de relations hors mariage peuvent être fouettées.

Les Maldives ont quitté le Commonwealth en 2016, en raison de critiques sur les droits de l’Homme.

En début d’année, les Etats-Unis ont mis en garde contre de possibles attaques terroristes. Une soixantaine de ressortissants de l’archipel se sont rendus en Syrie et en Irak pour combattre avec des jihadistes et certains pourraient être rentrés.

© AFP

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