Un Muséum national d’histoire naturelle très « citoyen »

Publié le : Last updated:

Temps de lecture : 3 minutes  

museum

Le Muséum national d’histoire naturelle de Paris, ici le 5 février 2010, va proposer des « tribunes du muséum »
© AFP/Archives PATRICK KOVARIK

Paris (AFP) – « Émerveiller pour instruire » mais pas seulement: le Muséum national d’histoire naturelle de Paris réserve cette saison de beaux voyages dans le monde des sciences mais veut également avoir son mot à dire sur des sujets de société, comme l’environnement ou l’immigration.

« Nous sommes face à une crise environnementale majeure et le muséum doit tenir son rôle d’autorité scientifique, voire d’autorité morale », a estimé son président Bruno David jeudi lors de la présentation de la saison 2018/19.

« Il faut également s’opposer avec toute la force qui est la nôtre aux montées d’obscurantisme récurrentes », ajoute le scientifique.

Ce « musée citoyen » veut notamment se faire entendre à travers « les tribunes du muséum », un nouveau dispositif gratuit, ouvert à tous, au Jardin des plantes.

La première (« la nature, l’avenir des villes », le 29 septembre) traitera de la biodiversité de nos cités sous la forme de petits flashs et de discussions avec le public. « La nature urbaine peut être un atout pour faire face aux changements climatiques et réinventer la ville », rappelle l’institut public.

« Nous allons essayer d’enrichir le format (pièce de théâtres, jeux de rôles …) pour proposer quelque chose d’innovant, l’objectif étant d’en faire deux par an », explique Bruno David.

Le Muséum va également s’inviter dans le débat sur l’immigration en publiant à l’automne un manifeste pour « éclairer avec un regard exclusivement scientifique, une question complexe qui suscite beaucoup de passions et d’idées fausses ».

« Je pense qu’un établissement comme le muséum avec son savoir faire (…) doit se positionner sur ce genre de sujets », explique le président du Muséum. »Il y a un risque que l’on soit critiqué mais je pense qu’il faut l’assumer ».

Davantage dans sa zone de « confort », le muséum consacrera sa grande exposition annuelle à la mer, ce grand mystère, avec notamment comme objectif de sensibiliser le public à la nécessite de la protéger (à partir du 3 avril).

Le musée de l’Homme hébergera lui l’exposition « Parer et réparer la peau » à partir du 13 mars 2019 avec une partie « poil à gratter » sur le piercing pour « installer le Musée de l’Homme dans les discussions ».

Également place du Trocadéro se succéderont entre décembre et juin toutes une série d’événements autours de la Déclaration universelle des droits de l’Homme qui fête ses 70 ans. Une exposition de photographies de Sebastiao Salgado est notamment programmée et neuf street-artistes auront carte blanche sur les murs du Musée.

« Pour le plaisir des yeux », le Muséum s’initie cette saison et pour les deux autres à venir au festival des lumières avec « espèces en voie d’illumination » (16 nov /15 janv): « On va accueillir les visiteurs le soir de 18h à 23h pour leur faire découvrir toute une série de structures monumentales lumineuses qui éclaireront le Jardin des plantes et la ménagerie (un requin de 30 mètre de long, des dinosaures, des ours blancs, des lions …) ».

« Neandertal l’expo » court par ailleurs jusqu’à début janvier. « Météorite » a été prolongée (jusqu’au 6 janvier) tout comme l’exposition « Un T.Rex à Paris » (jusqu’au 4 novembre), « un grand succès » qui dépasse toutes les perspectives, « même les plus ambitieuses ».

© AFP

Media Query: