Un mur entre les Etats-Unis et le Mexique menacerait la biodiversité

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La barrière entre les Etats-Unis et le Mexique vue le 13 février 2017 à San Diego
© AFP/Archives JIM WATSON

Tampa (Etats-Unis) (AFP) – La survie de plus de 1.000 espèces animales serait sérieusement menacée si le mur voulu par le président Donald Trump est construit tout le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, ont averti des scientifiques mardi.

Le loup du Mexique, le mouflon d’Amérique et l’antilope de Sonora verraient par exemple leurs populations scindées par ce mur, ont expliqué plus de 2.700 chercheurs dans une lettre publiée dans le journal BioScience.

Les jaguars et les ocelots, qui n’ont qu’une très faible population en territoire américain, seraient menacés d’extinction.

« La construction de clôtures et de murs au cours de la dernière décennie et les efforts déployés par l’administration Trump pour ériger un +mur+ frontalier continu menacent certaines des régions les plus diverses, biologiquement, du continent », préviennent les scientifiques.

« Les sections du mur déjà construites réduisent la superficie, la qualité et la connectivité des habitats végétaux et animaux, et compromettent plus d’un siècle d’investissements binationaux dans la conservation », ajoutent-ils, déplorant que « l’attention politique et médiatique (…) sous-estime ou dénature souvent le tort causé à la biodiversité ».

Quand les populations d’animaux sont fragmentées, il est plus difficile pour eux de trouver de la nourriture, de l’eau et des partenaires pour s’accoupler, et font donc face à des risques plus élevés d’extinction.

Une soixantaine d’espèces présentes dans cette région frontalière sont déjà « listées comme étant en danger critique d’extinction, en voie de disparition ou vulnérables par l’Union internationale pour la conservation de la nature », selon les scientifiques.

Le mur serait « un crime contre la biodiversité », assène par ailleurs dans un communiqué un co-auteur de la lettre, le professeur à l’université de Stanford Paul Ehrlich.

Les chercheurs appellent les autorités américaines à identifier les espèces vulnérables et à concevoir des barrières qui permettent aux animaux de passer autant que possible d’un côté et de l’autre.

Une loi adoptée en 2005 aux Etats-Unis donne au département de la Sécurité intérieure le droit de lever des protections telles que la loi sur les espèces en danger –Endangered Species Act– s’il juge qu’elles peuvent ralentir la construction du mur.

© AFP

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