Le parc national des Calanques juge « encourageante » la réduction des rejets d’Altéo

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Le parc national des Calanques a jugé le 17 juillet 2018 « encourageante » la réduction de la pollution des effluents de l’usine d’alumine Altéo de Gardanne
© AFP/Archives BORIS HORVAT

Gardanne (France) (AFP) – Le parc national des Calanques a jugé mardi « encourageante » la réduction de la pollution des effluents de l’usine d’alumine Altéo de Gardanne, deux ans et demi après la fin des rejets de boues rouges au cœur de ce site protégé.

« Nous sommes plutôt satisfaits. Altéo a fait des efforts à saluer, et la volonté de progresser est réelle. On maintient la pression, dans un esprit constructif », a déclaré le président du parc des Calanques, l’élu LR de Marseille Didier Réault, lors d’une visite annuelle du site.

L’usine, qui emploie 450 salariés à Gardanne (Bouches-du-Rhône), a obtenu fin 2015 du gouvernement de poursuivre son exploitation jusqu’à 2021, et bénéficie jusqu’à cette date de dérogations à certaines normes environnementales.

Le gros des déchets est désormais stocké à terre, sous forme solide, et l’industriel ne rejette plus, à 300 mètres sous la surface, qu’un liquide dont il « travaille tous les jours » selon son président Frédéric Ramé, à réduire la teneur en polluants.

Les émissions de fer sont déjà « en permanence très en-dessous des seuils » imposés, a souligné M. Ramé.

Pour satisfaire les normes de pH, d’aluminium et d’arsenic, une station de traitement de l’eau par injonction de CO2 doit être achevée en 2019, a poursuivi M. Ramé, en présentant le chantier. L’investissement s’élève à 6,5 millions d’euros, subventionnés à hauteur de 30% par l’Agence de l’eau.

Le leader mondial des alumines de spécialité doit encore travailler et teste des solutions techniques pour se conformer à deux dernières normes, la demande biologique en oxygène (DBO5) et la demande chimique en oxygène (DCO).

L’usine qui produit des éléments indispensables à l’industrie électronique, aux écrans plats ou aux batteries, reste cependant la cible de critiques.

Le tribunal administratif doit statuer prochainement sur une requête d’associations écologistes. Dans ce dossier, le rapporteur public a demandé mi-juin au tribunal de réduire la durée de la dérogation accordée à l’usine de deux ans, à fin 2019.

L’industriel fait aussi l’objet d’une plainte au pénal pour « mise en danger de la vie d’autrui » au sujet des rejets en mer ainsi que des déchets solides entreposés sur un terrain, après des incidents.

« La pollution continue, il faut faire stopper intégralement le rejet en mer pour préserver la biodiversité », a déclaré à l’AFP, Olivier Dubuquoy de l’association Nation Océan, qui déplore que le parc national puisse donner son satisfecit à l’industriel.

© AFP

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