Bientôt un refuge en Islande pour les bélugas, une espèce menacée

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Une jeune femme devant un beluga blanc dans un zoo de Pékin le 10 janvier 2016
© AFP/Archives WANG ZHAO

Londres (AFP) – Deux bélugas évoluant dans un aquarium de Shanghai vont traverser le globe pour poursuivre leur vie en Islande, dans un sanctuaire marin unique au monde qui pourrait accueillir près de 3.000 cétacés actuellement en captivité.

« Petite blanche » et « Petite grise », deux femelles de 12 ans, vont quitter Changfeng Ocean World, propriété du groupe de loisirs Merlin Entertainement (Lego Land, Tussauds group) pour la baie de Klettsvik, en Islande, ont annoncé mardi l’association Sea Life Trust, initiateur du projet avec l’organisation Whale and Dolphin Conservation, lors d’une conférence à l’aquarium de Londres.

Ces animaux d’environ 900 kilos et quatre mètres de long changeront de vie au printemps 2019. Au terme d’un périple de trente heures pendant lequel ils seront transportés, à moitié recouverts d’eau, par les airs, la terre et la mer, ils arriveront dans cette baie de 32.000 m2 et jusqu’à 10 mètres de profondeur, louée pour ce projet.

En Islande, les deux bélugas -ou baleines blanches- continueront à bénéficier de soins, de crainte qu’ils ne parviennent à survivre seuls dans la nature. Mais aussi à évoluer sous l’œil des touristes.

Un centre d’accueil de visiteurs est en effet en construction afin d’expliquer le but du sanctuaire. De petits groupes pourront approcher les bélugas en bateau.

« Nous espérons qu’en montrant le chemin avec notre sanctuaire, nous encouragerons la réintégration de davantage de baleines captives dans des environnements naturels et, un jour, nous mettrons fin aux spectacles avec des baleines et des dauphins », a déclaré Andy Bool, responsable de l’association Sea Life Trust. Il compte faire du sanctuaire une « base de renommée mondiale en matière de recherche sur les bélugas », une espèce menacée.

C’est aussi dans la baie de Klettsvik qu’avait été relâché l’orque Keiko, héros du film « Sauvez Willy » mais il n’avait pu s’adapter à son nouvel environnement et avait fini par mourir dix-huit mois plus tard.

Pour se préparer à leur nouvel espace de vie, les baleines de Shanghai sont actuellement entraînées à retenir leur respiration plus longtemps, mais aussi à gonfler leur musculature pour faire face aux marées et aux courants, et à prendre un peu de graisse pour affronter les froides températures islandaises.

Le projet de sanctuaire, dont le coût total n’a pas été dévoilé, a démarré avec une donation de plusieurs millions de livres de Merlin Entertainment, devant être complétée par une levée de fonds.

Des militants de défense des animaux ont souligné l’ironie du choix de l’Islande comme lieu d’accueil de ce sanctuaire, ce pays défiant ouvertement une interdiction internationale de chasser les baleines.

Plus de 3.000 baleines et dauphins vivent en captivité et d’autres bélugas pourraient rejoindre « Petite blanche » et « Petite grise ». Un troisième béluga, « Jun Jun », vivait à l’aquarium de Shanghai, jusqu’à sa mort en juin 2017 à l’âge de 17 ans.

Les bélugas vivent entre 40 et 60 ans et « il existe maintenant une réelle alternative pour ces animaux », a dit à l’AFP M. Bool.

Cathy Williamson, de l’organisation Whale and Dolphin Conservation a estimé que l’engouement du public pour les parcs aquatiques déclinait. Selon elle, « le premier sanctuaire au monde pour les baleines ouvre un chemin vers la fin de la captivité des dauphins et des baleines »

© AFP

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