L’administration Trump vient à l’aide du charbon et du nucléaire

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Une centrale électrique au charbon à Baltimore, le 9 mars 2018
© GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP MARK WILSON

New York (AFP) – Au nom de la sécurité nationale, l’administration Trump se prépare à donner un nouveau coup de pouce aux centrales à charbon et nucléaire en difficultés, un projet qui selon ses détracteurs pourrait faire monter les prix de l’électricité.

« Malheureusement, la fermeture imminente de centrales énergétiques pouvant fonctionner en permanence va conduire à la rapide dégradation d’une partie importante de la diversité de notre approvisionnement en énergie et affecter la capacité de résistance de notre réseau électrique », justifie la Maison Blanche dans un communiqué vendredi.

Aussi « le président Trump a demandé au secrétaire à l’Energie Rick Perry de préparer des mesures à prendre immédiatement afin de faire cesser la perte de ces ressources », est-il ajouté sans plus de précision.

Selon une vaste coalition représentant aussi bien les utilisateurs que des producteurs d’énergie, il s’agit en fait de « sauver les centrales à charbon et les centrales nucléaires à travers le pays ».

– Pollution –

Leur communiqué, entre autre relayé par la fédération professionnelle du secteur pétrolier aux Etats-Unis API, met en avant un document interne du département de l’Energie qui souligne l’importance des centrales fonctionnant avec un carburant disponible sur place comme les centrales nucléaires et à charbon.

« En raisons de facteurs réglementaires et économiques, beaucoup de ces centrales ont dû cesser de fonctionner prématurément et beaucoup d’autres prévoient de le faire prochainement », écrit le document.

La part de l’énergie produite par le charbon et le nucléaire ne cesse de fait de diminuer aux Etats-Unis depuis l’envolée de la production de gaz de schiste, beaucoup moins cher, et des énergies renouvelables.

Les centrales à charbon doivent aussi gérer de nouvelles normes de pollution.

Quant au nucléaire, les Etats-Unis en sont encore le premier producteur au monde grâce aux investissements consentis dans les années 1960 et 1970 qui font que 99 réacteurs sont actuellement en fonctionnement. Mais la dernière mise en service d’un réacteur neuf remonte à 2016 et seulement deux nouveaux réacteurs sont en construction, en Georgie dans le sud du pays.

« Pour promouvoir la défense nationale et maximiser les approvisionnements en énergie domestique, une action fédérale est nécessaire pour faire cesser ces fermetures », assure le document de l’administration.

Il y est notamment évoqué la possibilité de forcer les opérateurs des réseaux électriques à acheter de l’énergie à des centrales spécifiques.

– Action « drastique » –

Pour l’un d’entre eux, PJM, « il n’y a pas besoin d’un telle action drastique ». Son réseau est, assure l’entreprise, « plus fiable que jamais ».

« Toute intervention fédérale sur le marché visant à forcer les clients à acheter de l’électricité à des centrales énergétiques particulières serait dommageable pour les marchés et en conséquence coûteux pour les consommateurs », avertit au contraire PJM dans un communiqué.

Pour Todd Snitchler de la fédération professionnelle API, « ce projet de l’administration visant à apporter de l’aide aux centrales à charbon et nucléaire qui peinent à rester rentables au prétexte de la sécurité nationale serait sans précédent et malavisé ».

« Des interventions arbitraires sur le marché privent les entreprises de la certitude dont elles ont besoin pour investir dans des centrales énergétiques de tous types, ce qui non seulement n’aide pas mais affecte la fiabilité du réseau électrique », ajoute aussi Todd Foley, du Conseil américain sur l’énergie renouvelable, dans le communiqué commun émis par la coalition.

« Un programme qui prévoit de dépenser des milliards de dollars pour maintenir à flot des centrales énergétiques qui ne sont pas rentables, tout en tentant de mettre sur la touche l’énergie solaire, propre et abordable, n’est pas la recette d’un succès économique », y remarque aussi Christopher Mansour, de l’association des industries de l’énergie solaire (Solar Energy Industries Association).

L’administration Trump a déjà tenté d’apporter son soutien à l’industrie du charbon, principalement installée dans des Etats ayant voté pour lui, en engageant la révision en 2017 de la mesure phare de son prédécesseur Barack Obama sur le climat, le « Clean Power Plan », qui impose aux centrales thermiques des réductions de leurs émissions de CO2.

Le locataire de la Maison Blanche a à plusieurs reprises martelé sa volonté de « mettre fin à la guerre contre le charbon ».

© AFP

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