Les bateaux « volants », avenir du nautisme et de la plaisance ?

Publié le : Last updated:

Le « taxi volant » Sea Bubble sur la Seine à Paris, le 20 mai 2018
© AFP/Archives Lionel BONAVENTURE

La Rochelle (AFP) – Les « foils », ailerons qui permettent à un bateau de décoller légèrement de la surface de l’eau pour gagner en vitesse, ont été au cœur des premières Assises du nautisme et de la plaisance qui viennent de s’achever à La Rochelle.

S’ils sont aujourd’hui encore réservés à l’élite ou à un usage commercial, « les +bateaux volants+ seront demain pour tout le monde, à commencer par les bateaux à moteurs, qui consommeront moins en n’allant plus taper dans les vagues », assure ainsi Bertrand Castelnérac, directeur de SEAir et spécialiste du foil. Mais le prix de ces ailerons doit d’abord considérablement baisser car actuellement, « un bateau à foils coûte deux fois plus cher » qu’une embarcation équivalente, reconnaît-il.

Couplés à une propulsion électrique, à l’instar du « taxi volant » Sea Bubbles développé par le navigateur Alain Thébault, dont les test ont repris récemment sur la Seine à Paris, ces foils réuniraient toutes les attentes de la plaisance de demain. « Le respect de l’environnement, la réduction de la consommation d’énergie et la technologie sont les trois clefs de développement de notre filière », a résumé lors des Assises du nautisme (29 et 30 mai) Stéphan Constance, vice-président de la Fédération des industries nautiques.

En raison de leur vitesse, ces bateaux volants sont parfois perçus comme dangereux, et les bureaux d’études redoublent d’ardeur pour y remédier, avec par exemple des foils moins performants en termes de vélocité mais plus sûrs.

D’autres, comme l’ingénieur rochelais Matthieu Robert, conçoivent « des logiciels pour stabiliser le vol et pour que le bateau soit un maximum de temps surélevé, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ». « Ça peut marcher aussi bien sur monocoque que sur multicoque », a-t-il assuré lors des Assises.

Organisé pour la première fois par le groupe de presse Ouest-France, en partenariat avec la Confédération du nautisme et de la plaisance et Sud Ouest, cet événement a rassemblé durant deux jours plusieurs centaines de professionnels du secteur, qui génère un chiffre d’affaires annuel de plus de 4 milliards d’euros en France, pour quelque 5.000 entreprises employant au total 40.000 personnes.

Selon le ministère de la Transition écologique et solidaire, la France compte 13 millions de plaisanciers, sur tous types d’embarcation, du jet-ski au bateau. Un chiffre en constante augmentation.

© AFP

Media Query: