Les habitants de Fos-sur-Mer surexposés à trois polluants industriels

Publié le : Last updated:

Temps de lecture : 2 minutes  

Des baigneurs sur fond d’industrie pétrolière à Fos-sur-Mer, le 21 juin 2017
© AFP/Archives ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Marseille (AFP) – Les habitants de Fos-sur-Mer présentent une « surimprégnation » à trois polluants « typiques des émissions industrielles », qui ne dépasse toutefois pas les seuils réglementaires, pointe lundi une étude qui s’interroge sur un éventuel « effet cocktail ».

« Les habitants de Fos-sur-Mer ne sont pas globalement plus imprégnés que ceux de la zone témoin, sauf pour trois polluants spécifiques, typiques des émissions industrielles », le plomb, deux furanes (polluant rattachés aux dioxines) et le benzène, résume l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP) à l’origine de l’étude Index.

L’étude, qui visait à établir le cheminement des polluants et les conditions dans lesquelles ils franchissent la barrière de l’organisme, a recherché la présence de 50 substances dans le sang et les urines des habitants de Fos-sur-Mer particulièrement exposés à la pollution générée par l’activité industrielle de l’Etang de Berre, l’une des plus importantes zones industrielles d’Europe.

Le test a porté sur 138 personnes âgées de 30 à 65 ans, réparties en deux groupes afin de pouvoir comparer les résultats: 80 habitants de Fos et 58 résidents d’une zone témoin (Saint-Martin-de Crau), située à 20 kilomètres, entre septembre et novembre 2016.

Outre la surexposition à trois polluants liée à l’inhalation, l’étude montre que « le fait de jardiner dans la zone exposée entraîne des niveaux d’imprégnation supérieurs en PCB-DL par rapport à la même pratique en zone témoin ».

Les PCB sont considérés comme cancérigènes, comme le cadmium dont les taux se sont également révélés plus importants parmi les participants consommant des légumes produits dans un potager situé à Fos que chez ceux de la zone témoin.

« Bien que les teneurs restent en dessous des seuils, la diversité des polluants présents pose toutefois la question de l’effet cocktail, encore mal connu par la recherche », s’interroge l’étude.

Des études atmosphériques ont également été menées, confirmant que la commune est plus exposée aux polluants que la zone témoin.

La campagne de mesure des particules ultrafines menée entre août et novembre 2017 montre ainsi que Fos a enregistré 227 pics supérieurs à 30.000 particules par cm3, contre 63 pour la zone témoin. Les conséquences de cette exposition restent à étudier prévient l’Institut, alors que la présence des particules ultrafines ne peut se doser dans l’organisme.

Le plomb « pourrait être présent dans l’air sous forme de particules ultrafines, ce qui favoriserait son assimilation dans l’organisme par inhalation », avance-t-il simplement.

Une étude publiée en début d’année par l’association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF) avait déjà révélé que des polluants comme la dioxine, le PCB ou le plomb étaient présents à haute dose dans des aliments, notamment de la viande, produits dans la région de la zone industrielle et portuaire de Fos-sur-Mer.

© AFP

Media Query: