« Fête » anti-Europacity au nord de Paris, des élus locaux réaffirment leur soutien au projet

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Vue du projet Europacity publiée le 27 septembre 2017 et réalisée par l’entreprise Alliages et Territoires
© AFP/Archives Handout

Gonesse (France) (AFP) – « On ne va pas respirer du béton »: des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche au nord de Paris pour « fêter » et défendre les terres agricoles où promoteur et élus locaux souhaitent voir s’élever le mégaprojet contesté Europacity, a constaté l’AFP.

En bordure de 2×2 voies et au milieu des champs qui composent le « triangle de Gonesse » (Val-d’Oise), ces opposants célébraient, avec fanfare, numéros de clowns et débats, la « fête des terres de Gonesse ». Ils refusent l' »artificialisation » de ces parcelles, rares en banlieue parisienne.

Immochan, la filiale immobilière du groupe Auchan, et le conglomérat chinois Wanda, prévoient d’y construire le complexe de commerces et de loisirs Europacity. Avec un budget de 3,1 milliards d’euros, ils espèrent créer 10.000 emplois et attirer 31 millions de visiteurs (gratuits et payants) par an.

Le projet est contesté autant par les milieux écologistes, à l’origine de la manifestation de dimanche, que par des commerçants inquiets du risque de « cannibalisation » de leurs emplois.

Il est au contraire défendu par les élus locaux qui ont organisé une conférence de presse dimanche matin à la mairie de Gonesse, autour du maire socialiste, Jean-Pierre Blazy.

Le vice-président LR du conseil départemental, Philippe Sueur, la députée LREM de la circonscription, Zivka Park, les sénateurs Arnaud Bazin et Rachid Temal, respectivement LR et PS: tous ont affirmé, devant le directeur général du projet, Benoît Chang, assis au premier rang, qu’Europacity allait contribuer au développement de cette zone déshéritée du Val-d’Oise.

« Une minorité agissante met en cause un choix très majoritaire du département », a souligné Arnaud Bazin, mettant en garde contre le « précédent » du projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes, initié en 1963 avant d’être abandonné cette année.

Jean-Pierre Blazy a, lui, déploré l' »intégrisme écologique » des opposants.

Ces derniers avaient soufflé en février: en raison d’une étude d’impact jugée « insuffisante », la justice administrative avait annulé l’arrêté de création de la zone d’aménagement dite du « triangle de Gonesse »: 280 hectares, dont 80 destinés à Europacity. L’État a depuis fait appel.

« Beaucoup croyaient à tort qu’on avait gagné. Il faut maintenant que la mobilisation progresse », a déclaré à l’AFP Bernard Loup, président du collectif d’opposants CPTG.

« On ne va pas respirer du béton », « ici futur ZAD » (zone à défendre), proclamaient des pancartes dimanche, autour du potager planté par le collectif. Une tour de fortune a été érigée, d’où les manifestants pouvaient observer l’ensemble du site, situé entre les aéroports de Roissy et du Bourget, à 15 km au nord de Paris.

Outre Europacity, une gare du Grand Paris Express et un quartier d’affaires doivent sortir de terre.

Depuis que le gouvernement a décidé de reporter à 2027 la construction de la gare, Europacity ne prévoit plus que d’ouvrir partiellement en 2024, quand Paris accueillera les jeux Olympiques.

© AFP

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