Glyphosate: l’Assemblée enquête, sans succès, sur une fuite en faveur d’un lobby

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La députée socialiste et ancienne ministre de l’Ecologie Delphine Batho, ici à l’Assemblée le 31 janvier 2018
© AFP/Archives ALAIN JOCARD

Paris (AFP) – Le président de l’Assemblée nationale François de Rugy a indiqué jeudi qu’une enquête sur la diffusion d’un amendement en préparation sur l’interdiction du glyphosate vers un lobby agrochimique, dénoncée par une députée de l’opposition, n’avait « pas permis de déterminer d’où venait la fuite ».

« Nous avons fait une enquête interne qui n’a pas permis de déterminer d’où venait la fuite », a expliqué le président LREM de l’Assemblée sur RTL.

« Sans doute que la copie de l’amendement a été faite avec un document papier et il n’y a pas de traces », a-t-il avancé.

« En tout cas, ce ne sont pas les fonctionnaires de l’Assemblée nationale (…) qui diffusent les amendements dont ils ont connaissance », a-t-il précisé.

Mercredi l’ancienne ministre PS Delphine Batho avait déclaré à la tribune de l’Assemblée que l’Uipp (Monsanto, Bayer, etc) avait eu accès ces dernières semaines à son amendement d’interdiction du glyphosate « plus de 90 heures » avant les députés, dans le cadre du projet de loi sur l’agriculture.

« J’ai saisi le 30 mars le président de l’Assemblée nationale de ces faits (…) Il est inacceptable que des lobbies puissent avoir accès privilégiés à des informations internes à l’Assemblée nationale afin de déployer des stratégies pour court-circuiter nos débats », avait-elle dénoncé.

Estimant que cet « exemple est rarissime », M. de Rugy a jugé que cette fuite illustrait l' »importance » du travail parlementaire puisque « des amendements, même déposés par une députée d’opposition, sont pris au sérieux par l’industrie et par des lobbies qui s’organisent pour les contrer ».

« Il ne faut pas non plus fantasmer sur des lobbies. Le fait que des groupes, qu’ils soient économiques, associatifs ou syndicaux, fassent des propositions d’amendements et qu’il y ait des députés qui les reprennent (…) ce n’est pas nouveau », a-t-il poursuivi.

« Je considère qu’il est normal qu’il y ait des groupes de pression qui fassent entendre les intérêts privés (…) après c’est le Parlement qui tranche en toute transparence », a ajouté l’élu de Loire-Atlantique.

« Sur la sécurisation du processus de dépôt de nos amendements nous allons encore renforcer nos règles », a-t-il conclu.

© AFP

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