NDDL: calme sur la ZAD, au lendemain de l’accident qui a coûté la main à un opposant

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Un bulldozer détruit un lieu occupé par des zadistes à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) le 17 mai 2018
© AFP/Archives Guillaume Souvant

Notre-Dame-des-Landes (France) (AFP) – La ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) était calme mercredi, au lendemain de l’explosion d’une grenade GLI-F4 qui a nécessité l’amputation de la main droite d’un zadiste de 21 ans, a constaté l’AFP.

Le jeune homme blessé s’est vu délivrer une « incapacité totale de travail » d’une durée de « quatre mois », a précisé dans un communiqué le procureur général de la cour d’appel de Rennes.

Selon le communiqué du parquet général, « il a été procédé, ce jour, à un examen de l’individu blessé par un médecin légiste, lequel a constaté une plaie d’éclatement à la main droite ayant entraîné une amputation et d’autres blessures superficielles ».

« La nature et la localisation des lésions confortent les constatations faites par les gendarmes sur les circonstances dans lesquelles l’individu a été blessé. Elles semblent, en revanche, être incompatibles avec l’hypothèse avancée par certains selon laquelle il aurait été blessé alors qu’il tentait de fuir », indique le communiqué.

La grenade GLI-F4 est « une munition à triple effet lacrymogène, sonore et de souffle », selon le ministère de l’Intérieur.

« Les investigations menées par la section de recherches d’Angers et l’inspection générale de la gendarmerie nationale se poursuivent en flagrance sous l’autorité du procureur de la République de Saint-Nazaire », ajoute le texte, signé par le procureur général Jean-François Thony.

Sur le terrain, pelleteuses et tractopelles étaient de nouveau en action mercredi dans le secteur de la Chateigne, un des habitats précaires évacués la semaine dernière et près duquel l’opposant a été grièvement blessé mardi.

« C’est très calme sur la ZAD, nous procédons au déblaiement des +squats+ », a indiqué la gendarmerie.

Des tas de tôles, bouteilles en verre, livres et ordinateurs jonchaient le terrain de l’ex-Chateigne, tandis que les salariés des entreprises chargées du déblaiement travaillaient le visage encagoulé, a constaté une journaliste de l’AFP. Quelques barricades ont été de nouveau installées puis détruites par les gendarmes sur la D81.

« Nous avons retrouvé un cocktail Molotov à la +Maison des chats+ (évacuée et murée vendredi dernier, NDLR), et sept personnes ont été évacuées », a précisé la gendarmerie.

Mardi, jour où le jeune homme a eu la main arrachée, la ZAD était entrée dans une nouvelle phase de calme. Depuis plusieurs jours les zadistes semblaient privilégier la voie de la négociation avec les services de l’État en vue d’une légalisation rapide des projets déposés fin avril, même si quelques groupes continuaient de leur côté à s’opposer aux gendarmes.

« Le jeune blessé hier est de nationalité française et se trouvait en 2016 et 2017 dans les Bouches-du-Rhône », a précisé mercredi à l’AFP la procureure de la République de Saint-Nazaire, Sylvie Canovas, ajoutant qu’il avait fait l’objet d’une procédure de composition pénale pour « outrage et rébellion ».

Le jeune homme est étudiant en master de sciences politiques à l’université de Lille, a précisé à l’AFP son avocat, Me Hervé Gerbi, du barreau de Grenoble.

« Il est étudiant et originaire du sud de la France », a précisé un des porte-parole de la ZAD, expliquant qu’il était « venu à Notre-Dame-des-Landes avec des amis ».

Selon le parquet général de la cour d’appel de Rennes dans un communiqué mardi soir, le jeune homme « s’est emparé d’une grenade lacrymogène (GLI-F4, NDLR) jetée par les forces de l’ordre. Alors qu’il armait son bras pour lancer ce projectile en direction des gendarmes, l’objet a explosé ».

Les zadistes ont démenti cette version. « Il est assez peu probable et pas du tout crédible que la personne ait ramassé la grenade volontairement, étant donné qu’elle était en train de fuir », a expliqué un membre du service médical de la ZAD.

Quelque 11.000 grenades, dont 10.000 lacrymogènes, avaient été tirées en avril, lors de la première phase d’expulsion.

© AFP

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