L’Etat a arrêté son plan ours pour 2018-28

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Le plan ours a été arrêté pour 2018-28
© AFP/Archives Aris MESSINIS

Paris (AFP) – L’Etat a arrêté son plan ours pour 2018-2028, destiné à préserver l’ours brun dans les Pyrénées, y compris par l’introduction d’individus, indique le texte consulté lundi par l’AFP.

Signé le 9 mai par le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, il a été mis en-ligne sur le site de la direction Environnement (Dreal) d’Occitanie, dans une relative discrétion.

Le « plan d’action national », qui prévoit aussi des mesures de soutien aux éleveurs face aux prédations, intervient après l’annonce en mars par Nicolas Hulot de la réintroduction à l’automne de deux ours femelles dans les Pyrénées-Atlantiques.

Selon un nouveau décompte officiel du Réseau Ours brun (ROB), l’effectif était de 43 individus en 2017.

« Les études montrent que la population doit être d’au moins 50 individus matures pour être viable dans les Pyrénées françaises, avec notamment l’existence d’échanges entre les différents noyaux (de population) afin de réduire les problèmes de consanguinité », souligne le Plan.

« Dans la mesure du possible, la dynamique positive de la population doit en priorité être assurée par la reproduction des ours locaux. Toutefois, d’un point de vue purement scientifique, le renforcement par introduction d’ours constitue la meilleure chance d’obtenir à terme une population viable », ajoute-t-il.

« C’est dans cette optique que le lâcher de nouveaux individus est prévu, premièrement dans le cadre d’un renforcement de la population et, deuxièmement, dans le cas où un ours disparaîtrait à cause d’un accident lié aux activités humaines ».

Le plan annonce un « accompagnement » accru des bergers, avec des moyens « humains pour renforcer la surveillance des troupeaux » et techniques pour mettre en place leur protection (chiens, parcs de nuit…).

Des moyens financiers seront prévus pour « améliorer le système d’indemnisation des dommages d’ours », ajoute le texte.

« L’État a toujours soutenu l’agriculture de montagne notamment par la mise en place dès 2006 d’un plan de soutien complété par des aides en faveur de la protection des troupeaux contre la prédation », écrit Nicolas Hulot. « Pour autant, des solutions partagées restent à inventer pour améliorer les systèmes déjà en place avec l’ensemble des Pyrénéens ».

Une concertation est en cours, sous la houlette de la préfecture, mais dénoncée par les représentants du monde agricole.

Fin avril, plus de 1.200 bergers, agriculteurs et élus de tous bords avaient défilé à Pau contre la réintroduction d’ours, à leurs yeux incompatibles avec les activités pastorales.

© AFP

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