Des plantes rares prisées en Asie arrachées des côtes californiennes

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Une plante grasse dans un jardin près de Los Angeles, le 17 juillet 2014
© AFP/Archives ROBYN BECK

Los Angeles (AFP) – C’est une femme qui attendait dans un bureau de poste californien qui a prévenu les autorités: devant elle, un client envoyait des dizaines de colis en Chine, soulevant en elle la crainte qu’il ne s’agisse d’un trafic d’espèces protégées. Il s’agissait en fait de plantes grasses.

Les agents américains chargés de la protection de l’environnement ont mis au jour un réseau international de contrebande qui arrachait des plantes succulentes des falaises des côtes californiennes pour les expédier en Asie, où elles sont utilisées comme décoration.

« Les contrebandiers prennent l’avion pour les États-Unis simplement pour prendre ces plantes, pour qu’ils puissent les envoyer en Corée, en Chine ou au Japon », explique le capitaine Patrick Foy, de l’agence californienne de protection de l’environnement.

« Ils les arrachent du sol et les vendent entre 40 et 50 dollars pièce », ajoute-t-il.

Cette plante, la « Dudleya farinosa », ressemble à un artichaut et pousse sur les côtes accidentées du nord de la Californie et de l’Oregon voisin.

Plusieurs suspects ont été arrêtés dans cette affaire criminalo-botanique, dont deux Sud-Coréens et un Chinois.

Les trois hommes, âgés de 37 à 52 ans, ont été appréhendés alors qu’ils s’apprêtaient à expédier 1.334 plantes de l’autre côté du Pacifique. Inculpés pour plusieurs crimes graves et délits mineurs, ils doivent comparaitre devant un juge le 16 mai. S’ils sont reconnus coupables, ils risquent neuf ans de prison et des amendes élevées.

Deux autres affaires similaires sont actuellement traitées par la justice américaine.

– Simili lotus –

Selon le capitaine Foy, « des milliers et des milliers » de ces plantes grasses ont été déterrées l’année dernière avant d’être empaquetées dans du papier journal et envoyées par voie postale.

Les contrebandiers « semblent viser des endroits peu fréquentés, des lieux où l’on peut se garer et marcher plusieurs centaines de mètres sans être vu par beaucoup de monde », développe-t-il.

A ce rythme, les autorités craignent que la plante –aussi connue sous le nom de « laitue des falaises »–, ne finisse sur la liste des espèces menacées. Les risques sur l’environnement sont en effet non-négligeables.

« Ils les arrachent de leur habitat naturel et piétinent d’autres plantes au passage », explique Stephen McCabe, directeur émérite de recherches à l’arboretum de l’université californienne de Santa Cruz. « C’est écoeurant d’aller dans la nature et de tout arracher sur ces falaises ».

La plante, qui peut continuer à pousser pendant des années une fois mise en pot, serait très prisée en Chine, à cause de sa ressemblance avec la fleur de lotus.

Mais de là à fournir tant d’efforts pour se les procurer, il y a un pas qui semble interpeller le capitaine Foy.

« Franchement, je ne comprends pas pourquoi elles sont si spéciales. Il y a plein de belles autres plantes succulentes qui peuvent être achetées pour cinq dollars dans une pépinière ». En toute légalité.

© AFP

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