La Californie poursuit l’agence de l’environnement

Publié le : Last updated:

californie

L’administrateur de l’EPA Scott Pruitt, le 7 décembre 2017 à Washington
© Getty/AFP/Archives Pete Marovich

Los Angeles (AFP) – La Californie se mesure une fois de plus à l’administration Trump en poursuivant l’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) pour avoir annoncé un assouplissement des normes anti-pollution automobiles.

D’après un communiqué mardi, le ministre de la Justice du grand Etat progressiste de l’Ouest américain, Xavier Becerra, ainsi que le Bureau californien chargé de la qualité de l’air (California Air Resources Board, CARB), ont conjointement porté plainte contre l’EPA sur son retrait « illégal » de mesures « de longue date qui exigent des principaux pollueurs – comme les raffineries pétrolières et les usines chimiques – d’agir durablement pour faire baisser leurs émissions polluantes ».

« Au lieu de faire une priorité de la santé des Américains qui travaillent dur, l’administrateur de l’EPA Scott Pruitt veut lâcher la bride aux principaux pollueurs. C’est inconscient et illégal », s’insurge Xavier Becerra.

Si le retrait des mesures de protection de l’air entre en vigueur, « des enfants en Californie et partout dans le pays, particulièrement ceux qui vivent près d’usines polluantes, vont grandir avec des tonnes de particules dangereuses supplémentaires dans l’air qu’ils respirent », ajoute-t-il.

Il appelle le tribunal à invalider l’annulation de ces mesures par l’EPA, une décision qui va selon lui à l’encontre de la loi « Clean Air Act » sur la qualité de l’air et représente « un retournement capricieux et arbitraire » de la position de long terme de l’agence.

Cette décision répond à l’intention de Donald Trump de démanteler la majeure partie du « plan climat » établi par son prédécesseur démocrate, Barack Obama. Le magnat de l’immobilier a également choisi de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, estimant qu’il nuit aux intérêts économiques américains.

Surnommées « CAFE » (Corporate Average Fuel Economy), les normes pour la période 2022-2025 avaient été fixées par l’administration de Barack Obama peu avant l’arrivée du républicain Donald Trump à la Maison Blanche.

Elles prévoyaient des augmentations graduelles de l’autonomie des véhicules pour atteindre un objectif de 54,5 miles pour un gallon d’essence (4,32 litres aux cent kilomètres) en 2025.

Avec le recul des prix de l’essence ces dernières années, les consommateurs américains ont recommencé à racheter des véhicules plus gros et plus polluants, les SUV (4×4 de ville) et les « pickup » (camionnettes à plateau) représentant désormais plus de 60% du marché.

La Californie et l’administration Trump sont en guerre ouverte sur de nombreux secteurs (armes, immigration, environnement). Le département de la Justice a poursuivi le bastion démocrate, où la plus grande partie des habitants sont d’origine hispanique, pour sa politique « sanctuaire » face aux sans-papiers, tandis que le ministre de la Justice californien a porté plainte plusieurs fois contre le gouvernement fédéral.

© AFP

Media Query: