L’eau en bouteille de nombreuses marques contaminée par des particules de plastique

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eau en bouteille

Un consommateur transporte des bouteilles d’eau achetées dans un supermarché de Floride, en septembre 2017
© GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives Brian Blanco

Miami (AFP) – L’eau en bouteille de nombreuses grandes marques à travers le monde est contaminée par de minuscules particules de plastique dont les dangers sur la santé sont méconnus, selon une étude.

Des scientifiques ont testé l’eau de plus de 250 bouteilles dans neuf pays (Brésil, Chine, Etats-Unis, Inde, Indonésie, Kenya, Liban, Mexique, Thaïlande), selon un résumé de l’étude publié mercredi par la plateforme journalistique à but non lucratif Orb Media.

Du plastique a été trouvé dans 93% des échantillons prélevés dans des bouteilles de plusieurs marques comme Evian, Nestle Pure Life, San Pellegrino, Aqua, Aquafina ou Dasani.

Il s’agissait notamment de polypropylène, de nylon et de polytéréphtalate d’éthylène (PET).

En moyenne, les chercheurs ont trouvé dans chaque litre d’eau 10,4 particules d’une taille de l’ordre de 100 microns (0,10 millimètre). Les particules de plus petite taille étaient encore plus nombreuses: 314,6 par litre d’eau en moyenne.

« Je pense que cela vient du processus de mise en bouteille. Je pense que la plupart du plastique vient de la bouteille elle-même, de son bouchon, du processus industriel d’embouteillage », a expliqué à l’AFP Sherri Mason, professeure de l’université d’Etat de New York.

« De l’eau dans des bouteilles en verre contenait aussi des microplastiques », remarque l’étude.

L’étendue des risques posés par ces particules sur la santé humaine est méconnue.

« Il y a un lien avec certains types de cancer, la diminution de la quantité de spermatozoïdes ou encore avec l’augmentation de certaines maladies comme le trouble du déficit de l’attention ou l’autisme », a déclaré Mme Mason.

Selon elle, il est établi que ces différentes affections ont un rapport avec la présence de produits chimiques de synthèse dans l’environnement. « Et nous savons que les plastiques fournissent un moyen à ces substances d’entrer dans notre corps », a-t-elle expliqué.

Une précédente étude publiée par Orb Media avait montré que des particules de plastique étaient également présentes dans l’eau du robinet, mais en moins grande quantité.

« L’eau du robinet, globalement, est beaucoup plus sûre que l’eau en bouteille », a affirmé Mme Mason.

L’étude a été réalisée pendant trois mois grâce à une technique développée par l’Ecole de chimie de l’université britannique d’East Anglia (UEA) qui permet de visualiser les microparticules de plastique en employant un colorant luminescent.

« Nous avons été sollicités pour contrôler les résultats et la méthodologie de façon indépendante, afin de nous assurer que l’étude est solide et crédible », a déclaré Andrew Mayes, scientifique de l’Ecole de chimie de l’UEA. Selon lui, « les résultats sont cohérents ».

Jacqueline Savitz, responsable pour l’Amérique du Nord de l’ONG Oceana qui lutte contre la pollution des océans, a estimé que cette étude apportait une raison de plus de limiter la production de bouteilles d’eau en plastique.

« Il est plus urgent que jamais aujourd’hui de faire en sorte que les bouteilles d’eau en plastique soient une chose du passé », a déclaré cette représentante de l’ONG, qui n’a pas participé à l’étude.

Autre réaction à cette publication: la Fédération nationale des eaux conditionnées et embouteillées (FNECE) a assuré dans un communiqué « de la très haute qualité » des eaux produites et vendues en France.

Elle a relevé par ailleurs qu’il n’existait pas de méthodologie officielle pour analyser les micro-plastiques ni de consensus scientifique.

« Les micro-particules de plastiques sont présentes partout dans l’environnement, ce qui peut fausser les résultats des analyses si elles ne suivent pas un protocole extrêmement rigoureux », a poursuivi la Fédération.

L’Association internationale de l’eau en bouteilles a estimé que cette étude « ne s’appuie pas sur une science fiable » et n’a pas été examinée par des pairs, comme il est de coutume en matière de publication scientifique.

© AFP

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