Eolien en mer: STX France s’affirme comme un acteur de premier plan

Publié le : Last updated:

eolien sstx

Le président de STX France Laurent Castaing lors d’un point presse à Saint-Nazaire, le 1er mars 2018
© AFP JEAN-FRANCOIS MONIER

Saint-Nazaire (AFP) – Deux plateformes livrées depuis le début de l’année pour des parcs éoliens en mer européens, trois commandes prêtes à être concrétisées en France: jeune acteur dans le marché ultra-compétitif des énergies marines renouvelables (EMR), STX France veut occuper désormais une place de premier plan.

« On n’existait pas sur ce marché des EMR il y a sept ans et aujourd’hui on fait 100 millions d’euros de chiffre d’affaires », s’est réjoui jeudi le directeur général de STX France Laurent Castaing, après avoir livré à Saint-Nazaire l’une des plus grandes sous-stations électriques européennes.

Destinée au champ d’Arkona en mer Baltique, développé par le groupe allemand E.ON associé au norvégien Statoil, cette plateforme doit raccorder 60 éoliennes d’une capacité totale de 385 mégawatts (MW) à une station à terre et ainsi permettre d’alimenter en électricité propre 400 000 foyers allemands à partir de 2019.

Pour le chantier naval et ses sous-traitants, cette gigantesque sous-station – longue de 50 mètres et large de 35 m – a représenté « des centaines de milliers d’heures de travail ». STX doit encore installer, d’ici quelques semaines, un « gros paquet de 4000 tonnes, plus un autre paquet de 1500 tonnes au milieu de la mer Baltique » et sera chargé de la maintenance pendant un an, a rappelé M. Castaing.

Il y a moins de deux mois, le 10 janvier, le constructeur naval de Saint-Nazaire avait livré une autre sous-station électrique, à destination d’un champ éolien en mer du Nord pour le consortium belge Rentel.

« Notre ambition était d’être parmi les trois grands constructeurs de sous-stations. Aujourd’hui, avec les livraisons de ces deux sous-stations, nous sommes bien sur le podium », a souligné le directeur général de STX France.

L’entreprise avait pris le virage de l’éolien en mer en 2010, avant les premiers appels d’offres pour des parcs offshore français, et alors que la construction navale, le coeur de métier de STX qui fabrique les plus gros paquebots du monde, était à la peine.

Le chantier naval de Saint-Nazaire avait remis une première sous-station électrique en avril 2014 à la compagnie danoise Dong Energy, avant d’engranger en 2015 et 2016 les deux commandes majeures pour les sous-stations qui viennent d’être livrées.

STX n’a pas encore officiellement décroché de nouveaux contrats dans ce secteur, mais son usine entièrement dédiée aux EMR, inaugurée en 2015, ne devrait pas rester vide très longtemps.

EDF Energies nouvelles a en effet annoncé jeudi être en « négociation exclusive » avec STX France et General Electric (GE) pour construire les sous-stations électriques des trois parcs que le groupe développe au large des côtes françaises, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Fécamp (Seine-Maritime) et Courseulles-sur-Mer (Calvados).

« Nous espérons signer le contrat dans les prochaines semaines », a indiqué Olivier de la Laurencie, directeur du projet de parc offshore de Saint-Nazaire, le premier qui devrait être mis en service en France, mais pas avant l’été 2021.

« Il nous reste à négocier et finaliser le contrat avec EDF », s’est montré prudent Laurent Castaing. Chacune des trois sous-stations représenterait un contrat de 100 millions d’euros pour le consortium STX-GE, a-t-il avancé.

Malgré les importants retards pris en France, où cette filière est encore balbutiante et où il faut compter actuellement plus de dix ans pour implanter un parc offshore, STX compte « parmi les leaders français de cette industrie, qui se fait à l’export », a pointé son directeur général.

Dans le reste de l’Europe, où « le marché se situe entre 2 et 3 gigawatts de commandes de sous-stations chaque année », STX espère décrocher « une autre commande avant la fin de l’année », a indiqué M. Castaing.

Ce qui pourrait porter à quatre le nombre de plateformes à construire dans les prochaines années pour STX, en plus des neuf paquebots de croisière que le chantier naval et ses quelque 2600 salariés doivent livrer d’ici l’automne 2022.

© AFP

Media Query: