Alain Le Tertre : « on est capable apostériori d’évaluer le nombre de décès prématurés attribuables au froid »

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froid

Paris sous la neige le 1er mars 2018 © AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON

Les épisodes de pollution de l’air et de canicule entrainent une hausse de la mortalité dans les jours qui suivent. Qu’en-est-il des vagues de froid ? En 2017, une étude publiée dans le BEH (Bulletin Épidémiologique Hebdomadier) de Santé publique Impacts de la chaleur et du froid sur la mortalité totale en France entre 2000 et 2010 montrait un lien entre froid et certains décès prématurés.  Alain Le Tertre, responsable de l’unité surveillance des risques et des impacts sanitaires liés aux milieux à Santé publique France, a répondu nos questions à ce sujet.

Est-ce que les vagues de froid ont un effet sur la santé ?

Le froid a des conséquences indéniables sur la santé, mais les vagues de froid n’ont pas un effet plus marqué que les jours froids habituels contrairement à la canicule. Pour les jours de forte chaleur, dès que la température augmente d’un degré, on observe une explosion du risque. Pour le froid, cette augmentation est plus graduelle. On n’est pas dans la même dynamique de réponse entre le froid et la chaleur.

Quelles sont les personnes les plus exposées aux risques du froid ?

Il y a bien sûr les sans-abris. Sinon, de manière plus générale, les personnes avec des problèmes cardiovasculaires puisque le froid engendre des efforts supplémentaires pour le système cardiovasculaire. Et enfin, les personnes âgées et les enfants, car elles n’ont pas vraiment la sensation du froid, elles ne pensent donc pas forcément à se prémunir du froid ou à suffisamment se couvrir.

Observons-nous une hausse de la mortalité pour ces catégories de population ?

Le froid a un effet qui peut aller jusqu’à 3 semaines après un épisode. On est capable apostériori d’évaluer le nombre de décès prématurés attribuables au froid. On ne verra cependant pas une explosion de la mortalité même sur des populations spécifiques sur come les personnes âgées.

Comment faire pour prévenir les risques sur la santé liés au froid ?

Il faut des messages de prévention pour rappeler aux gens de se protéger et de veiller à la protection des personnes vulnérables comme les enfants et les personnes âgées. Pour les personnes qui ont des problèmes cardiovasculaires, il faut éviter les efforts physiques.

Le « froid ressenti » employé par les prévisionnistes météo a-t-il un impact sur la santé ou le comportement des personnes ?

Je pense que la communication de Météo France axée sur les températures ressenties possède un impact positif sur la prévention puisque les gens se préparent mieux au froid. Ils s’y adaptent car ces températures correspondent à ce qu’ils expérimentent en extérieur. Et ils se couvrent donc mieux.

Quels sont les bons gestes à adopter pour faire face au froid ?

Il faut bien se protéger, bien s’hydrater et éviter les efforts physiques inutiles.

Pour quelles raisons faut-il bien s’hydrater ?

La peau se dessèche vite avec le froid et le vent, ce qui favorise les engelures. La protéger en buvant, avec des crèmes et des vêtements permet de la préserver de l’impact des basses températures.

Propos recueillis par Julien Leprovost

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