Pesticides, phéromones, larves tueuses: les armes du cultivateur contre les nuisibles

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Des agriculteurs travaillent dans un champ de Belvès-de-Castillon, dans le sud-ouest de la France
© AFP/Archives MEHDI FEDOUACH

Paris (AFP) – Maladies, insectes nuisibles, champignons, intempéries: face aux nombreux périls qui guettent les cultures, plusieurs outils, qu’ils soient chimiques ou naturels, ancestraux ou modernes, composent l’arsenal du paysan du XXIe siècle.

 La lutte physique

C’est la destruction des mauvaises herbes en travaillant le sol. Soit en profondeur avec le labour qui retourne les sols, et est donc parfois accusé de les abimer en perturbant les micro-organismes qui le peuplent et assurent sa fertilité, soit moins profondément avec les herses et les bineuses. Aujourd’hui, outre des bineuses à guidage automatique, des petits robots désherbeurs circulent de manière autonome entre deux rangées de culture pour arracher les mauvaises herbes.

Les pesticides

Naturels ou chimiques, ils sont répartis en trois grandes familles:

Les insecticides: utilisés pour lutter contre les insectes qui mangent les plantes, c’est à cette catégorie qu’appartiennent les néonicotinoïdes d’ancienne génération, pointés du doigt pour avoir contribué au déclin des abeilles.

Les herbicides: ils détruisent les mauvaises herbes en concurrence avec les plantes cultivées, qui puisent l’eau, les nutriments des sols ou la lumière. Le plus controversé est le glyphosate, classé comme cancérogène probable en 2015 par une agence de l’OMS, mais pas par les agences européennes. Jugé indispensable par les agriculteurs, la France souhaite interdire dans les trois ans ce produit, dont les Etats membres de l’UE ont voté le renouvellement pour cinq ans.

Les fongicides: ils luttent contre les champignons qui fragilisent les organes vitaux des plantes cultivées.

Le biocontrôle

Les produits de biocontrôle sont définis par la loi comme des agents et produits utilisant des mécanismes naturels. Le principe du biocontrôle repose sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que sur leur éradication.

Deux formes emblématiques:

Les macro-organismes: ces insectes, « auxiliaires » de l’agriculteur, ont pour mission d’aller parasiter ou détruire les insectes ravageurs de la culture. L’un des plus célèbres, la trichogramme, une micro-guêpe, est lâché par millions par drone pour s’attaquer aux larves de la pyrale du maïs, un ver redouté des agriculteurs. Avant elle, la coccinelle sévissait déjà comme ennemie jurée du puceron.

Les produits phytopharmaceutiques composés de micro-organismes, de médiateurs chimiques: la confusion sexuelle est ainsi utilisée contre les vers de la grappe, qui occasionnent des blessures et des pertes de grains de raisin. Accroché sur la vigne, un petit diffuseur qui ressemble à une plaquette d’antimite répand un parfum imitant les substances sexuelles attractives des femelles papillons. Ce système brouille la piste des mâles qui ne trouvent plus leur compagne. Il n’y a pas d’accouplement, donc plus de ponte et ainsi plus de vers. Ce système présente l’avantage de ne pas perturber les autres insectes.

L’agriculture numérique

Les outils d’aide à la décision (OAD) se matérialisent principalement sous la forme d’applications pour smartphones, qui permettent d’évaluer le risque parcelle par parcelle. L’agriculteur peut savoir s’il y a un risque de telle maladie et si ça vaut la peine de traiter ou pas. Ces outils permettent surtout de ne pas traiter lorsqu’il n’y en a pas besoin.

 La génétique

Au premier rang, la sélection variétale : ce processus de longue haleine, qui s’étale sur des dizaines d’années, vise à sélectionner les meilleures espèces végétales notamment les plus résistantes, et à les croiser, pour obtenir pommes de terre résistantes au mildiou ou blés résistants à la rouille jaune.

Si les agriculteurs disposent de variétés résistantes aux principaux bio-agresseurs ils n’auront plus qu’à gérer les problèmes des adventices (mauvaises herbes). Cependant, en raison de la lenteur du processus, certains chercheurs militent pour l’utilisation de biotechnologies, comme les OGM d’anciennes ou de nouvelles génération.

Il n’y a pas de solution miracle, selon les spécialistes, qui prônent l’utilisation combinée de différents outils, avec le respect de certaines pratiques agronomiques comme la rotation des cultures.

© AFP

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