Thaïlande : Greenpeace livre de la pollution en bouteille à la junte

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Une photo prise par Dailynews montre des militants de Greenpeace en train de livrer à la junte au pouvoir en Thaïlande un sablier en verre symboliquement rempli de l’air pollué de Bangkok, le 22 février 2018
© DAILYNEWS/AFP DAILYNEWS

Bangkok (AFP) – Des militants de Greenpeace ont livré jeudi à la junte au pouvoir en Thaïlande un sablier en verre symboliquement rempli de l’air pollué de Bangkok, où le niveau de pollution a frisé ces dernières semaines ceux de New Delhi ou Pékin.

« Bangkok ne peut pas continuer d’étouffer ainsi à cause de la dangerosité de l’air », met en garde Tara Buakamsri, responsable de Greenpeace en Thaïlande, appelant à une action « urgente » du gouvernement.

« Bangkok souffre du pire épisode de pollution de son histoire. Sur 52 jours entre le 1er janvier et le 21 février 2018, il y a eu 40 jours où le niveau de pollution aux particules fines excédait les limites de l’organisation mondiale de la Santé (OMS) », souligne Greenpeace.

Le niveau de pollution a plafonné ces dernières semaines à 160 microgrammes par mètre cube, à des niveaux comparables à Delhi, avec des pointes à 200, selon le site mondial de l’index de la qualité de l’air Aqicn. L’OMS recommande que la concentration en particules fines ne dépasse pas 25 µg/m3 en moyenne sur 24 heures

Cette semaine, la pollution a baissé, mais les prévisions pour les jours à venir sont à nouveau mauvaises.

« Droit à de l’air propre », disaient les pancartes des manifestants de Greenpeace ayant livré au gouvernement le sablier rempli d’air pollué.

Greenpeace accuse les autorités thaïlandaises de ne pas prendre la mesure du problème, le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, ne jurant que par la diffusion d’eau dans les rues de Bangkok comme arme anti-pollution.

Greenpeace dénonce de son côté les embouteillages de Bangkok et les centrales à charbon des zones industrielles de la métropole de plus de 12 millions d’habitants.

Dans les rues de Bangkok, même au plus fort des pics de pollution, très rares sont les passants à porter des masques. Et les écoles restent ouvertes quels que soient les taux.

Cependant un début de mobilisation émerge. « Ceux d’entre nous qui vivent à Bangkok sont résignés à ce que la pollution fasse partie intégrante de notre vie. Mais la menace que représente la pollution de l’air de ces dernières semaines dépasse les bornes. Et la réponse de l’Etat est discutable », critique un éditorial du Bangkok Post jeudi.

© AFP

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