NDDL : les militants anti-aéroport fêtent l’abandon du projet

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Des anti-aéroport fêtent l’abandon du projet à Notre-Dame-des-Landes, dans l’ouest de la France, le 10 février 2018
© AFP Jean-Sebastien EVRARD

Notre-Dame-des-Landes (France) (AFP) – « Un jour de fête! » Des milliers d’opposants défilaient samedi sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes pour célébrer l’abandon du projet quinquagénaire d’aéroport et réaffirmer leur détermination à gagner une deuxième bataille: celle de la gestion collective des terres.

Au son de fanfares et dans une ambiance bon enfant, les manifestants de tous âges, munis de bottes ou de chaussures de randonnée, se sont élancés d’un pas tranquille sur les chemins de la ZAD, un vaste territoire de bocage de 1.650 hectares.

Un triton géant crêté et des tracteurs transformés en chars ont pris part à ce défilé « carnavalesque », qui s’est élancé vers 13H30, en deux cortèges distincts, sous un ciel menaçant.

A 14H30, 8.000 personnes étaient présentes sur le site, selon la préfecture.

« C’est un jour de fête! On voulait célébrer ça avec ceux qui se sont battus et les remercier pour cette victoire », lance Michèle Roux, 62 ans, partie « à 01H00 du matin » de Dordogne.

Annoncé le 17 janvier par l’exécutif, l’abandon du nouvel aéroport nantais est devenu définitif vendredi avec l’expiration du décret qui le déclarait d’utilité publique (DUP), signé il y a dix ans.

Beaucoup de manifestants avaient collé sur leur sac à dos un tout nouvel autocollant: « Notre-Rêve-des-Landes ».

Dans le cortège, les pancartes faisaient référence à d’autres projets contestés: centre d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure (Meuse), réacteur EPR de Flamanville (Manche) ou ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin.

« C’est toujours important de se réunir tous ensemble. La force du peuple fait qu’on peut avoir l’espoir d’un monde meilleur », avançait Doriana Moscone, militante anti LGV (« No Tav ») de 54 ans, partie vendredi du Val de Suse en Italie. Elle a rejoint la ZAD après « 16h de voyage ».

« Très impressionnée » par la « victoire » des anti-aéroport, elle souhaite désormais « que les terres soient rendues à la population pour des projets concrets ».

« Il y a une quiétude en plus aujourd’hui et surtout un immense espoir pour l’avenir », soulignait pour sa part Laetitia Josselin, 39 ans, habitante de Loire-Atlantique et habituée des rassemblements sur la ZAD.

Les militants ont prévu de festoyer jusque tard dans la nuit, autour de cinq scènes musicales.

Le point d’orgue de cette mobilisation est attendu vers 15H00, dans un champ de la ferme de Bellevue où doit être brûlée une grande effigie de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Ce « jour de carnaval » marque « la genèse de l’avenir du bocage », selon le mouvement anti-aéroport. Les opposants défendent un projet collectif de gestion de l’usage des terres de la ZAD, comme cela s’est fait au Larzac après l’abandon du projet d’extension du camp militaire.

Sous le mot d’ordre « Enracinons l’avenir », les manifestants sont appelés à venir chacun avec un arbre ou une plantation, pour envoyer un signal fort à l’État avant l’ouverture des négociations sur le devenir agricole du site.

« Le moment le plus enthousiasmant et exaltant commence aujourd’hui. Il faut qu’on montre qu’on reste complètement déterminés à continuer à prendre soin de ce bocage », dit une occupante de la ZAD sous couvert du prénom mixte « Camille ».

Cette démonstration de force vise aussi à « réaffirmer le refus des expulsions » après le 31 mars, date butoir fixée par l’État pour que les occupants illégaux rentrent « dans la légalité ». « Il faut que les discussions sur les terres se passent dans un climat serein, donc sans expulsions », explique Cyril Bouligand, membre du collectif de paysans « Copain 44 ».

Une frange de zadistes radicaux opposés à la « normalisation de la zone » organise un rassemblement « off », près de l’ex-« route des chicanes », qui servira de parking samedi. Cette même minorité avait arrêté en fin de semaine dernière les premiers travaux de remise en état de la route par le conseil départemental, assurés désormais en présence des gendarmes mobiles.

A une trentaine de kilomètres plus au sud, 200 « riverains en colère » ont manifesté à Bouguenais, près de Nantes, contre la « démocratie bafouée » après l’abandon du projet de transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

© AFP

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