Lactalis « ne peut exclure » que des bébés aient consommé du lait contaminé entre 2005 et 2017

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Au siège de Lactalis à Laval le 17 janvier 2018
© AFP/Archives JEAN-FRANCOIS MONIER

Paris (AFP) – Le groupe français Lactalis « ne peut pas exclure que des bébés aient consommé du lait contaminé » entre 2005 et 2017, puisque la salmonelle découverte récemment est « la même que celle de 2005 », déclare son Pdg Emmanuel Besnier dans une interview au journal Les Echos daté de jeudi.

Lactalis a été contraint de rappeler en janvier l’ensemble de la production de lait infantile de son usine de Craon (ouest), distribuée dans 83 pays, après la découverte d’une contamination à la salmonelle. 37 bébés ont été touchés en France.

« Nous avons libéré des salmonelles Agona en réalisant des travaux sur les sols et les cloisons de la tour de séchage numéro 1 », indique M. Besnier dans sa deuxième interview à la presse écrite depuis le début de l’affaire du lait infantile contaminé aux salmonelles début décembre.

« La bactérie responsable des problèmes est la même que celle de 2005, époque à laquelle nous n’étions pas propriétaire du site. Elle était confinée dans les infrastructures de la tour numéro 1 » précise le PDG.

Pour cette raison, et parce que des salmonelles ont bien été trouvées « dans l’environnement » de l’usine entre 2005 et 2017, « on ne peut donc pas exclure que des bébés aient consommé du lait contaminé sur cette période », admet-il.

« Nous faisons réaliser des analyses systématiques par un laboratoire extérieur de référence. Il ne nous a communiqué aucune alerte sur les produits. En revanche, nous avons eu deux alertes à la salmonelle en août, puis en novembre, dans l’environnement. Quand cela arrive, on nettoie jusqu’à ce que tout soit conforme. Et on reprend l’activité », explique le responsable.

M. Besnier souligne que durant la période 2005-2017, les analyses sur les produits finis ont toujours été « conformes aux exigences sanitaires » et s’en prend au « laboratoire extérieur de référence » qui en était chargé.

« Nous nous posons beaucoup de questions sur la sensibilité des analyses faites par ce laboratoire. Nous avons beaucoup de mal à comprendre comment 16.000 analyses réalisées en 2017 ont pu ne rien révéler. Nous avons des doutes sur la fiabilité des tests. Ce n’est pas possible qu’il y ait eu zéro positif », dit le Pdg du groupe laitier.

Lactalis a été accusé d’avoir manqué de transparence et tardé à réagir après la détection de salmonelle en août et novembre.

© AFP

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