ND-des-Landes: les réponses aux exigences gouvernementales en débat

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Une voiture qui faisait partie d’une barricade à Notre-Dame-des-Landes, dans l’ouest de la France, le 18 janvier 2018
© AFP LOIC VENANCE

Notre-Dame-des-Landes (France) (AFP) – Deux jours après l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, les opposants peinent à trouver une réponse commune aux exigences du gouvernement, en premier lieu sur celle de la libération d’une route départementale d’accès à la ZAD, entravée de chicanes.

Le mouvement anti-aéroport, très hétérogène, a tenu jeudi soir une réunion à huis clos, avec pour unique ordre du jour cette route traversant la ZAD, que le gouvernement veut voir rouverte à la circulation d’ici la fin de semaine prochaine.

Selon plusieurs organisations de la coordination des opposants, la réouverture de la route semble faire consensus, mais l’ampleur et les modalités du nettoyage des nombreux obstacles jonchant la D281, aussi appelée « route des chicanes », sont encore en débat.

L’assemblée, qui a duré « quatre heures et demi » selon un participant, a été « comme d’habitude » animée et « compliquée », chacun étant appelé à donner son avis et tous ne partageant pas la même stratégie à adopter vis-à-vis de l’exécutif.

Derrière les positions communes qui finissent par émerger, se sont toujours cachées de longues heures de discussions entre toutes les composantes, hétéroclites, du mouvement anti-aéroport, et les suites à donner à l’abandon du projet ne fait pas exception à cette tradition.

« Dans sa grande sagesse, le gouvernement nous a donné une semaine (pour rouvrir la route, ndlr) et c’est très bien », souligne Françoise Verchère, coprésidente d’un collectif d’élus opposés au projet de nouvel aéroport, le Cédpa.

« L’état d’esprit global et majoritaire, c’est qu’on va faire le plus possible et le plus vite possible. Mais il y en a quelques-uns pour qui la route va toujours trop vite et qui rêvent de laisser quelques chicanes +maison+ », ajoute-t-elle.

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a donné jusqu’à « la fin de la semaine prochaine » aux opposants pour libérer les routes d’accès à la zone de Notre-Dame-des-Landes, ajoutant qu’il préférait le faire « par la discussion et la négociation » plutôt que la force.

Ils devront « dégager la route » et « s’ils ne le font pas d’eux-mêmes, les gendarmes iront la dégager », a insisté la préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein.

« J’espère que ça va se débloquer. Quelques-uns n’ont pas encore compris que le projet d’aéroport était abandonné. Et s’ils ne comprennent pas ça, je crois qu’ils devront partir », fait valoir Jean-Paul Naud, maire (sans étiquette) de Notre-Dame-des-Landes.

« On fera le maximum pour dégager la route, mais si elle ne l’est pas en fin de semaine, on n’appellera pas nos adhérents et sympathisants à venir la défendre contre une intervention des forces de l’ordre », prévient Julien Durand, porte-parole de l’Acipa, association « institutionnelle » d’opposants.

« Il y a une situation qui est nouvelle. La route a été fermée par les collectivités en 2013. Si elle a été barricadée à un moment donné, c’était en lien avec une résistance face à des menaces, une résistance qui a été victorieuse et utile au moment de l’opération César », la tentative avortée d’expulsion des zadistes par les forces de l’ordre, répond un occupant de la ZAD.

« A partir du moment où la menace est levée (…) ça donne de nouvelles bases à la discussion, mais il faut nous laisser du temps », poursuit-il, réaffirmant que la libération de la route sera « prise en charge » par le mouvement. Un nettoyage que plusieurs collectifs souhaitent réaliser à l’abri des caméras.

Chargée de travailler à la médiation « pour que l’ancienne ZAD puisse vivre tranquillement », la préfète de région a admis que c’était « compliqué », mais semble confiante dans un dénouement à l’amiable.

« Les zadistes, ce n’est pas un groupe uniforme. Je discuterai avec ceux qui veulent discuter et je pense qu’ils sont assez nombreux », déclarait-elle jeudi.

L’abandon du projet d’aéroport a été jugé « un mauvais choix » par l’ancien Premier ministre Manuel Valls, aujourd’hui député apparenté LREM.

Tout en saluant « la méthode du Premier ministre, qui a été faite d’écoute, de concertation », il a émis sur RTL la crainte que cette décision puisse « légitimer des minorités violentes, radicales qui se sont opposées à ce projet ».

De son côté, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a assuré que la facture liée à l’indemnisation de Vinci après l’abandon du projet serait « la plus réduite possible », qualifiant de « constructives » les discussions engagées avec le groupe de BTP.

© AFP

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