ND-des-Landes n’est « pas l’aéroport du XXIe siècle », selon les médiateurs

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Manifestation en faveur du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 25 novembre 2017 à Nantes
© AFP/Archives JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Nantes (AFP) – Il existe une alternative au projet controversé de Notre-Dame-des-Landes, qui n’est « pas l’aéroport du XXIe siècle », estiment jeudi les médiateurs désignés par le gouvernement dans une interview à Ouest-France.

« La mission ne conteste pas le projet de transfert à Notre-Dame-des-Landes. Il n’est pas devenu mauvais alors qu’il était bon auparavant (…) C’est un aéroport pour le trafic low-cost, simple et efficace. Mais pas celui du XXIe siècle », disent les trois médiateurs au quotidien régional.

Selon leur rapport publié la semaine dernière, un transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes, ou son maintien, avec un réaménagement, à Nantes-Atlantique, au sud de la ville, sont deux options « raisonnablement envisageables ».

« Nous montrons qu’il y a une alternative à Notre-Dame-des-Landes, à savoir le réaménagement de Nantes-Atlantique, qui jusqu’ici n’avait été ni vraiment étudiée ni débattue sérieusement. Voilà ce qui a faussé le débat démocratique », soulignent-ils.

« Dès le débat public, en 2002, la question était mal posée. Centrée sur l’aéroport, alors que les questions d’urbanisme et d’aménagement du territoire étaient fondamentales », affirment les médiateurs.

Dans l’hypothèse où le gouvernement opterait pour un réaménagement de l’aéroport actuel, « le financement public serait a priori nettement moindre », disent-ils.

« Une fois la décision prise, nous espérons que l’apaisement sera là, et, dans les deux options, nous voyons assez mal les élus locaux, attachés au développement de leur territoire, ne pas participer d’une façon ou d’une autre », ajoutent-ils. Ces derniers refusent actuellement de financer un réaménagement de l’aéroport actuel.

« La décision relève du débat entre ce qui est légitime et ce qui est raisonnable », disent les médiateurs.

Le gouvernement a annoncé qu’il trancherait avant fin janvier entre la construction de NDDL et le réaménagement de Nantes-Atlantique.

Concernant la ZAD, « zone de non-droit » qui « n’aurait jamais dû exister », les médiateurs préconisent un « retour à l’État de droit », mais réfutent le terme d' »évacuation ».

« Ce terme d’évacuation est simpliste et inadapté à la complexité de la ZAD, avec des personnes qui y vivent, des activités », affirme l’ancienne préfète Anne Boquet.

Si l’option Nantes-Atlantique est retenue, « cela laisse plus de temps (pour discuter) », mais les populations vivant sur la ZAD « devront bien, un jour ou l’autre, régulariser leur situation », déclare Mme Boquet, dans un entretien au journal Le Monde cette fois. En cas de refus, « l’étape supérieure est le recours à la force publique. Mais on est loin de l’évacuation rapide, telle que certains l’imaginent », précise-t-elle.

« Je pense qu’aucun gouvernement ne peut s’engager dans une opération d’évacuation sans vouloir maîtriser une escalade de la violence », en raison du « risque humain », souligne la préfète au Monde. « Tout cela demande de la modération, une grande maîtrise … et des propos nuancés », ajoute-t-elle.

« Décider, c’est apaiser », plaide encore Mme Boquet auprès du quotidien national.

« Il faut maintenant tourner la page, refermer le dossier, sortir par le haut », renchérit Gérard Feldzer, ancien pilote de ligne proche du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot.

© AFP

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