Taïwan vote pour effacer les symboles de son histoire autoritaire

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Des touristes passent devant des statues de l’ancien dictateur nationaliste Tchang Kaï-chek à Taïwan, le 23 août 2017
© AFP/Archives SAM YEH

Taipei (AFP) – Les symboles à la gloire de l’ancien dictateur nationaliste taïwanais Tchang Kaï-chek vont être retirés à travers l’île après l’adoption d’une loi destinée à tourner la page de son passé autoritaire.

Les parlementaires taïwanais ont adopté mardi soir une loi sur la « justice transitionnelle » qui prévoit l’enlèvement obligatoire de tous les signes d’hommage et monuments dédiés à ce personnage controversé.

Cela signifie que les statues seront déboulonnées, que des rues et des écoles seront rebaptisées.

La loi ouvre aussi la voie à une enquête exhaustive sur la « Terreur blanche » qui régna sur Taïwan à partir de 1949, quand les nationalistes du Kuomintang (KMT) avaient fui la Chine continentale après leur défaite face aux troupes communistes de Mao Tsé Toung.

Entre 1949 et jusqu’en 1987, date de la levée de la loi martiale, des milliers de personnes jugées hostiles au gouvernement ont été torturées et tuées sous le règne de Tchang et de son fils.

Certains Taïwanais militent depuis très longtemps pour que les personnes injustement jetées en prison et des victimes exécutées soient blanchies et les auteurs dénoncés au grand jour.

Le règne autoritaire de Tchang Kaï-chek doit être « expurgé de toute légitimité » car il viole la liberté et la démocratie, dit la loi.

« A cette fin, les institutions, les écoles, les bâtiments et espaces publics seront interdits d’arborer les symboles commémoratifs du règne autoritaire », dit le texte. « Les symboles et signes qui y sont relatifs doivent être retirés, renommés ou éliminés ».

La présidente Tsai Ing-wen doit ratifier la loi dans les deux prochaines semaines.

Les statues de Tchang sont régulièrement dégradées dans l’île. Des centaines d’entre elles gisent abandonnées autour de son mausolée près de Taïpei.

Depuis leur arrivée au pouvoir en mai 2016 après une défaite électorale cinglante du KMT, Mme Tsai et son le Parti démocratique progressiste (PDP) ont pris pour cible l’héritage de l’ancien dictateur.

Il y a quelques temps, les autorités ont annoncé qu’un hall à sa mémoire se verrait interdire la vente de souvenirs le dépeignant.

Cette décision avait été prise à l’occasion du 70ème anniversaire du massacre de 1947, précurseur de la « Terreur blanche », durant lequel jusqu’à 28.000 personnes avaient été tuées.

Certains admirent le leader nationaliste pour avoir combattu les communistes et les forces japonaises durant la Seconde guerre mondiale. Mais d’autres le voient comme un despote et considèrent son règne comme une tache sur l’histoire de l’île devenue depuis une démocratie à part entière.

La loi contraint aussi les partis à déclarer toutes les archives politiques datant de 1945 à 1992 qu’ils auraient en leur possession, documents susceptibles d’être remis aux archives nationales en vue d’une grande enquête sur le règne de Tchang.

© AFP

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