A Paris, l’UE serre les rangs face à la xylella, tueuse d’oliviers et de végétaux

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Un olivier affecté par la bactérie xylella dans la région italienne des Pouilles, en février 2016
© AFP/Archives TIZIANA FABI

Paris (AFP) – Renforcer la recherche et la prévention, sensibiliser le grand public: une dizaine de pays européens veulent lutter contre la progression de la xylella qui décime les oliviers du sud de l’Italie et a déjà infecté une cinquantaine de végétaux en Europe.

La lutte contre cette bactérie nuisible pour les végétaux, détectée pour la première fois en Europe en 2013 dans les Pouilles (sud de l’Italie) « est une priorité pour l’Europe », a déclaré le ministre français de l’Agriculture, Stéphane Travert, hôte de la réunion convoquée vendredi à Paris autour du Commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis.

Un plan d’action sera présenté lors du prochain conseil agricole européen en janvier, comportant notamment un renforcement de la recherche, de la prévention et de la surveillance ainsi que des mesures de sensibilisation des populations pour éviter de répandre la maladie via les transports de végétaux intra-européens.

La bactérie, connue aux Etats-Unis sous le nom de maladie de Pierce (qui a fortement touché les vignobles californiens à la fin du XIXe siècle) est transmise par des insectes de la famille des cigales, et a été détectée à ce jour dans quatre pays européens (Italie, France, Espagne et Allemagne), avec des effets différents selon les végétaux et les conditions climatiques.

Dans le sud de l’Italie (provinces de Lecce, Taranto et Brindisi), elle détruit les oliviers en les desséchant, mais pas les agrumes. Plusieurs recours devant le tribunal ont ralenti l’enlèvement d’oliviers infectés dans les 20 derniers kilomètres de la zone infectée et plusieurs plantes infectées ont été récemment détectées dans la zone tampon, confirmant la progression continue de la bactérie vers le nord de la région, selon les documents distribués lors de la réunion.

En Espagne, elle a été détectée en octobre 2016 sur des amandiers, des oliviers ainsi que d’autres espèces végétales sur l’île de Majorque (Baléares) puis sur deux autres îles, Ibiza et Minorque, et plus récemment dans la région d’Alicante (Valencia).

En France, elle a été signalée pour la première fois en Corse, en juillet 2015.

Au total 25 foyers ont été détectés en région Provence-Alpes-Cote d’Azur et 350 en Corse, mais aucun sur des oliviers. La bactérie en France a surtout touché des plantes ornementales.

Enfin en Allemagne, les autorités ont identifié en juin 2016 la présence isolée d’une sous-espèce fastidiosa dans une plante en pot de laurier-rose dans une serre d’une petite pépinière de Saxe, un pot de romarin et d’autres plantes ornementales. Toutes les plantes ont été détruites.

Aucun remède ne permet actuellement de guérir les végétaux malades en plein champ et deux projets de recherche sur la xylella fastidiosa sont financés par le programme Horizon 2020 de l’UE.

Vytenis Andriukaitis a indiqué qu’un « laboratoire de référence » européen allait être créé pour faire face à la bactérie. Un appel d’offres va être lancé au premier trimestre 2018, a-t-on appris dans son entourage vendredi.

Une campagne de communication devrait aussi être lancée, notamment dans les aéroports et les gares, pour expliquer aux voyageurs les risques pris lors du transport intra-européen d’espèces végétales.

La bactérie n’est transmissible ni à l’homme ni aux animaux et n’aime guère le froid, mais elle peut potentiellement toucher 359 espèces végétales, selon la sous-espèce détectée (multiplex, pauca, fastidiosa, sandyi, morus, tashke).

Outre les quatre pays déjà touchés par la bactérie, les six autres pays représentés vendredi à Paris étaient le Portugal, la Croatie, la Slovénie, la Grèce, Chypre et Malte, potentiellement exposés à son développement en raison de leur climat doux.

© AFP

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