Les livraisons veulent se faire plus discrètes en ville

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Un prototype de drone livreur de colis présenté par Geopost le 28 septembre 2015 à Pourrières (Var), dans le sud de la France
© AFP/Archives BORIS HORVAT

Paris (AFP) – Le remplacement total des camionnettes par des drones n’est pas pour demain mais de nombreuses solutions émergent pour rendre les livraisons en ville moins polluantes, moins bruyantes et moins encombrantes.

« On ne pourra pas se passer de la route, en revanche il y a beaucoup de capacités d’amélioration et d’innovation, (…) avec des énergies alternatives qui vont permettre (au véhicule) d’être moins polluant », explique à l’AFP Elisabeth Charrier, déléguée aux régions de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR).

Les camions diesel ont du souci à se faire. La concurrence arrive, électrique pour les petits véhicules, GNV (gaz naturel pour véhicule) destiné aux poids lourds. En 2016, 376 camions au gaz circulaient en France, sur les 47.148 immatriculés, selon les chiffres publiés par le salon Solutrans, dédié au transport routier et urbain, qui se déroule jusqu’à samedi à Lyon.

Le transport fluvial peut lui aussi trouver sa place pour acheminer certaines marchandises.

En revanche, le drone qui entre par la fenêtre de l’appartement pour livrer un colis relève encore de la science-fiction: « on a du mal à saisir l’intérêt du drone dans une ville », souligne Elisabeth Charrier, le voyant plutôt « pertinent dans une zone rurale éloignée ».

Pour Guillaume Thibault, associé au sein du cabinet Oliver Wyman, « toutes les villes ne seront pas concernées » à terme par l’essor des drones. « Certaines villes (…) vont prendre des risques et faciliter le développement – je pense à Dubaï par exemple – pour se positionner d’emblée comme un leader ».

Il insiste également sur le fait que « qu’une ville nouvelle construite en large damier » peut être adaptée très rapidement, contrairement aux agglomérations comme Paris, Londres ou New York, « dont la carte urbaine n’est pas du tout favorable, parce que vous n’avez pas de place. A Dubaï par exemple, c’est très facile d’imaginer des corridors où voleraient des drones, parce qu’il y a suffisamment de place pour qu’en dessous, si le drone tombe, il tombe sur rien du tout ».

La logistique de proximité figure au menu des Assises de la mobilité, lancées par le gouvernement en septembre et qui aboutiront à la présentation, début 2018, d’un projet de loi.

« C’est un enjeu vraiment important pour la congestion des villes », avait souligné début septembre la ministre des Transports Elisabeth Borne, dans un entretien à l’AFP, estimant notamment que les technologies peuvent offrir des solutions, et citant « La Poste qui réfléchit à alimenter ses centres de tri par des drones ».

La ministre avait également mis en avant la possibilité de « donner plus d’outils aux agglomérations (…) pour leur permettre d’avoir une politique de logistique urbaine efficace et durable ».

Dans les allées de Solutrans, un drone terrestre de la startup TwinswHeel assiste les livreurs dans leurs tournées, tandis qu’un camion de Libner transporte un mini-véhicule électrique chargé de prendre le relais pour les livraisons en ville.

Les améliorations visent aussi l’organisation: la startup Evol offre un service de livraison urbaine par des véhicules propres via un centre de mutualisation à l’entrée de la ville, et Fretly met en relation transporteurs et chargeurs pour mieux remplir les camions.

Car au-delà des véhicules propres, la multiplication des commandes passées sur internet, accompagnées de l’impératif de livrer rapidement, nécessite des plateformes logistiques plus proches des centres-villes.

« La difficulté, c’est de trouver des endroits pour faire de la logistique urbaine », relève Elisabeth Charrier, soulignant par ailleurs que si ces plateformes se sont éloignées, « c’est aussi parce que les riverains n’en voulaient pas ».

Une charte « Certibruit » promet des livraisons nocturnes « respectueuses des riverains ». L’association regroupe une petite cinquantaine d’adhérents – dont Carrefour, McDonald’s, la Poste, le marché de Rungis, France Nature Environnement, la mairie de Paris.

© AFP

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