Enfouir les déchets nucléaires: solution « la moins mauvaise » selon Hulot

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Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, arrivant à l’Elysée pour participer à une réunion sur le climat, le 5 septembre 2017
© AFP/Archives LUDOVIC MARIN

Paris (AFP) – Enfouir des déchets nucléaires radioactifs comme le prévoit le projet Cigéo à Bure (Meuse) n’est « pas une solution entièrement satisfaisante » mais c’est la « moins mauvaise », a déclaré jeudi le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, des propos immédiatement dénoncés par les associations antinucléaires.

L’industrie nucléaire, « pas aussi vertueuse qu’on voudrait nous le dire », « nous laisse un tragique héritage de déchets à très haute intensité de radioactivité et de durée de vie très longue », et « que cela me déplaise ou pas, ils sont là, donc il va bien falloir qu’on s’en occupe », a déclaré le ministre au sénat lors d’une séance de questions au gouvernement.

« C’est une question de choix de société, une question éthique et morale, que celle de laisser des déchets enfouis, ou gérés autrement, à des générations futures dont nous ignorons tout », a-t-il noté, rappelant que la France avait « fait le choix de l’enfouissement en site géologique profond ».

« Pour être très sincère avec vous, cette solution n’est pas entièrement satisfaisante, mais disons que c’est la moins mauvaise. Et pour vous dire le fond de ma pensée, je pense qu’il n’y a pas malheureusement de solution miracle à un problème aussi complexe », a estimé le ministre.

Nicolas Hulot « déclare sa préférence pour l’enfouissement et Cigéo », « s’enlise dans le bourbier nucléaire et renie ses engagements », a réagi la coordination d’associations lorraines anti-Cigéo, Burestop dans un communiqué.

« Après avoir différé à 2035, la réduction à 50% de la production électronucléaire (le ministre) déclare sa préférence pour l’enfouissement et Cigéo », a souligné Burestop pour qui le ministre « n’est plus à une compromission près, au nom d’un principe de réalité totalement absurde ».

Le projet Cigéo, régulièrement contesté devant les tribunaux et sur le terrain, vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.

En juillet, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) avait annoncé que la construction de Cigéo ne débuterait pas avant 2022, pour un lancement de la phase pilote autour de 2025. Le dépôt de la demande de construction a en effet été reporté de mi-2018 à mi-2019 et l’instruction de cette demande exigera environ trois ans.

Nicolas Hulot a assuré que le processus ne se ferait pas dans la « brutalité » mais dans le « dialogue », notamment avec les collectivités locales. Et dans cette optique, « le gouvernement nommera un garant des procédures de concertation ».

Alors qu’il s’est retrouvé cette semaine sous le feu des critiques des écologistes à propos d’un autre dossier nucléaire, après avoir annoncé le report à après 2025 de l’objectif de ramener à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité, le ministre a appelé à en « finir avec les passions sur ce sujet ».

« On ne peut pas laisser les passions, et pas plus l’irrationnel, guider nos choix énergétiques surtout lorsqu’ils sont aussi déterminants que la question du nucléaire », a-t-il déclaré.

« La filière électronucléaire, Etat dans l’Etat, doit être sauvée coûte que coûte. Et peu importe que la population et les générations à venir en fassent les frais », a souligné Burestop.

© AFP

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