Voitures propres: la Chine repousse d’un an l’application de quotas pour les constructeurs

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La Chine repousse d’un an l’application de quotas de « véhicules propres » auxquels doivent être soumis les constructeurs automobiles
© AFP/Archives MARK RALSTON

Pékin (AFP) – Les constructeurs automobiles en Chine seront soumis à partir de 2019 à d’ambitieux quotas de « véhicules propres », a annoncé Pékin jeudi, repoussant d’un an l’entrée en vigueur de cette mesure emblématique qui avait suscité l’inquiétude de certains groupes et ému Berlin.

La Chine, premier marché automobile mondial, avait dévoilé en juin un projet de règlement pour imposer aux constructeurs, dès 2018, un quota de ventes de « voitures à énergie nouvelle » selon un complexe système de crédits.

Finalement, ce quota ne sera appliqué qu’à partir de 2019, un an plus tard qu’envisagé, selon une circulaire publiée jeudi par le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’Information.

Le principe reste le même: chaque véhicule représentera un certain nombre de crédits, plus généreux pour les voitures électriques. Chaque constructeur aura pour obligation d’accumuler 10% de crédits « véhicules verts » sur le total des ventes en 2019, puis 12% en 2020.

Les groupes produisant ou important chaque année plus de 30.000 véhicules « traditionnels » devront se soumettre à ces quotas et s’ils n’y parviennent pas, ils devront racheter les crédits excédentaires d’autres constructeurs ou s’acquitter d’amendes.

A l’origine, les autorités prévoyaient l’obligation d’atteindre 8% de crédits dès 2018, mais plusieurs constructeurs s’étaient alarmés de ce calendrier, jugé trop précipité.

De fait, l’équation paraissait compliquée pour certains groupes, comme l’allemand Volkswagen (4 millions de véhicules vendus en Chine l’an dernier).

Ce dernier a finalement conclu une coentreprise avec le chinois JAC pour rattraper son retard et vise « 400.000 ventes de véhicules hybrides et électriques d’ici 2020 et 1,5 million d’ici 2025 ». VW avait cependant reconnu récemment auprès de l’AFP qu’un quota dès 2018 ne serait « pas facile » à respecter.

Soucieuse de ménager ses constructeurs nationaux, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait en personne sollicité un compromis de son homologue chinois, Li Keqiang, avait rapporté au printemps le journal Handelsblatt. Le ministre de l’Industrie, Miao Wei, avait lui-même reconnu en mars qu’un abaissement ou un report du quota étaient envisagés.

Nissan, General Motors, Daimler… tous les constructeurs sont cependant déjà sur les rangs pour muscler leur offre de véhicules hybrides ou électriques sur le crucial marché chinois, quitte à s’appuyer sur de nouvelles joint-ventures.

L’américain Ford, qui assure que 70% de ses modèles en Chine seront disponibles avec l’électrification en option d’ici 2025, vient ainsi d’établir une joint-venture dédiée à l’électrique avec le chinois Zotye.

Engagée dans une ambitieuse lutte anti-pollution, la Chine a annoncé début septembre préparer « un calendrier » vers « une interdiction » de la production et de la vente de voitures à carburants fossiles.

Pékin pourrait ainsi emboîter le pas à la France et au Royaume-Uni, qui ont récemment dévoilé leur intention d’interdire la vente des voitures diesel ou essence sur leurs marchés d’ici 2040.

© AFP

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