ONU: des îles dévastées par les ouragans réclament de l’aide aux pollueurs

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Une maison inondée à Fort Liberte, dans le nord de Haïti, le 8 septembre 2017
© AFP HECTOR RETAMAL

Nations unies (Etats-Unis) (AFP) – Profitant de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, plusieurs îles autrefois paradisiaques ont crié cette semaine leur souffrance après avoir été dévastées par de multiples ouragans, réclamant de l’aide aux grandes puissances accusées d’être responsables des déréglements climatiques.

« Le peuple haitien fait des efforts gigantesques pour se relever » après les ouragans Matthew et Irma, a souligné son président, Jovenel Moïse. « La destruction d’une ampleur inédite des pays frères de la Caraïbe, notamment Antigua et Barbuda et la Dominique (…) par les récents ouragans successifs témoigne des effets néfastes du réchauffement climatique sur notre planète ».

Gaston Browne, Premier ministre des îles d’Antigua-et-Barbuda, s’est aussi lamenté à la tribune d’avoir une île « décimée », Barbuda, sur les deux que compte son micro-Etat. Sa « population entière est désormais sans toit » avec « des bâtiments coquilles vides » après le passage le 6 septembre de l’ouragan Irma, « le pire enduré dans l’Altantique dans l’histoire de l’humanité ».

Situé au nord de la Guadeloupe, son pays dont le chef d’Etat est la reine Elizabeth II revendiquait jusqu’à présent 80.000 habitants à Antigua et 1.300 à Barbuda, vivant surtout du tourisme.

« Barbuda n’avait pas la moindre chance face à (un ouragan) d’une telle taille, d’une telle férocité, d’une telle intensité », a ajouté Gaston Browne, précisant qu’après l’évacuation de ses habitants vers Antigua, c’est la première fois en 300 ans qu’il n’y a plus de résidents permanents sur cette île.

Vendredi, le Premier ministre de Sainte-Lucie dans les Caraïbes (environ 190.000 habitants), Allen Michael Chastanet, a ajouté sa voix aux doléances. Disant avoir « le coeur lourd » face à la désolation laissée par les ouragans Irma et Maria qui « a fait 15 morts jusqu’ici et des millions de dégâts dans l’île soeur de Dominique », il a dénoncé « le silence de beaucoup ».

« Nous sommes bien seuls » mais « il est impossible de faire abstraction des changements climatiques » qui provoquent « des épisodes météorologiques extrêmes », a-t-il dit.

 

Les Etats-Unis qui ont décidé de se retirer de l’Accord de Paris sur le climat n’ont pas été cités directement. Mais tous les orateurs ont mis en cause les grandes puissances dans le réchauffement de la planète qu’ils lient à la formation d’ouragans de plus en plus puissants. Et réclamé de l’aide financière pour la reconstruction.

« Quelles que soient les positions des pays sur les changements climatiques, l’évidence d’un réchauffement mondial est encore plus irréfutable », a affirmé Gaston Brown. « Nous sommes les moins pollueurs mais les plus grandes victimes » de la pollution, s’est-il insurgé, en réclamant « urgemment l’aide de la communauté internationale ».

« L’architecture financière internationale laisse les petits pays comme le mien à la traîne », a-t-il jugé. « Le coût de la reconstruction (de Barbuda) est estimé à 250 millions de dollars, un montant bien supérieur à ce que peut assurer Antigua-et-Barbuda.

Le président d’Haïti a réclamé de son côté « une augmentation de la couverture d’assurance contre les ouragans et autres catastrophes naturelles ». « Les petits pays de la Caraïbe, qui sont caractérisés par un espace économique sévèrement limité, nécessitent un régime d’assurance proportionnel à la menace ».

Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain, peuplé de 10,4 millions d’habitants dont près de 60% vit avec moins de deux dollars par jour.

« Tout ce qui nous arrive n’est pas dû à la fatalité, mais aux actions des êtres humains sur leur environnement. Notre responsabilité pour le redressement environnemental est une responsabilité partagée », a fait valoir Jovenel Moïse.

Le président haïtien a rappelé avoir proposé « la création d’un fonds régional destiné à financer ies programmes d’atténuation des effets des catastrophes naturelles dans la région ». « Ce fonds serait alimenté sur la base d’un pourcentage du produit intérieur brut des pays affectés et par les pays développés, émetteurs de gaz à effet de serre », a-t-il dit.

« Si nous ne réagissons pas, nous trahissons nos enfants et condamnons les générations futures », a abondé Allen Michael Chastanet. Parlant d' »inégalité », il a déploré qu' »une poignée de pays prospères » soit « le catalyseur de notre système international ». « Certains avancent, d’autres sont laissés pour compte », a regretté le Premier ministre de Sainte-Lucie.

© AFP

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