Amazone: le Brésil menace d’annuler le projet de Total

Publié le : Last updated:

Temps de lecture : 2 minutes  

bresil total

Des membres de Greenpeace et l’artiste John Quigley organisent sur la plage de Copacabana à Rio de Janeiro, le 29 mars 2017, une manifestation pour demander la protection de récifs coraliens
© AFP/Archives Mauro Pimentel

Rio de Janeiro (AFP) – Le gouvernement brésilien a rejeté mardi une étude d’impact environnemental du groupe pétrolier français Total autour de son projet d’exploration pétrolière dans l’embouchure de l’Amazone, et menacé d’y mettre fin faute de garanties sur la protection des récifs coralliens.

« Le mode de dispersion de pétrole, par exemple, ne peut laisser subsister aucun doute sur les conséquences possibles sur les bancs de coraux et la biodiversité marine d’une manière plus large », a expliqué dans un communiqué l’agence environnementale brésilienne, l’Ibama, qui dépend du ministère de l’Environnement.

Le texte, signé tard lundi, avertit que « l’Ibama a déjà formulé trois fois au cours de la procédure des demandes de complément de l’étude environnementale ». « Si l’investisseur ne répondait pas aux points soulevés par l’équipe technique, la procédure de licence serait arrêtée », avertit l’agence.

Total « est en train d’évaluer la demande d’informations techniques reçue d’Ibama ce mardi matin, au sujet de l’exploration des blocs du bassin de Foz do Amazonas », a indiqué dans un courriel envoyé à l’AFP Total E&P, la filiale brésilienne de la compagnie.

« La procédure pour la licence environnementale suit son cours », a assuré la société.

Le projet de Total a été vivement critiqué par des organisations écologistes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Brésil, notamment Greenpeace, qui a mené une campagne internationale de sensibilisation.

L’exploration pétrolière dans cette zone, qui serait menée avec les groupes britannique BP et brésilien Petrobras, met en danger un récif de coraux découvert en 2016 près des côtes du nord-Est du Brésil, à l’embouchure de l’Amazone sur l’océan Atlantique, selon ses détracteurs.

Greenpeace France a estimé que « des activités de forage régulières pourraient à la longue avoir un effet préjudiciable sur la vie marine, par exemple en perturbant les routes de migration des cétacés et tortues, ou en endommageant le récif avec les gravats ou autres effluents des forages ».

Le 8 février, Total avait rejeté ces arguments dans une lettre adressée à Greenpeace, en assurant que le puits le plus proche se situerait à 28 km du récif et que des recherches publiques avaient confirmé l’absence d’impact sur l’environnement.

Total et Petrobras avaient annoncé en octobre 2016 une « alliance stratégique » qui prévoyait la cession à Total de participations dans deux champs pétrolifères en eaux profondes au large de l’État de São Paulo (sud-est) et dans deux centrales thermiques de Bahia (nord-est).

Mais la justice brésilienne a suspendu la semaine dernière la vente de 50% d’une de ces deux centrales au motif qu’elle violait « certaines normes constitutionnelles ».

© AFP

Media Query: