Changement climatique: des cyclones plus intenses, mais pas plus fréquents

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Des gens marchent dans les rues inondées de Galveston au Texas, après le passage de la tempête Harvey le 26 août 2017
© AFP Brendan Smialowski

Paris (AFP) – L’intensité des cyclones comme Harvey, qui a touché samedi le Texas et provoqué des inondations catastrophiques, pourrait à l’avenir être renforcée par l’augmentation de la température de la planète, mais ces évènements ne devraient pas être plus fréquents, estiment les scientifiques.

Faute de données satellitaires à l’échelle planétaire avant 1970, il n’est pas possible de dire comment l’activité cyclonique a évolué au 20e siècle. Avant la mise en place d’une surveillance satellitaire complète, des cyclones même très intenses ont pu passer inaperçus s’ils n’ont pas touché les terres, par exemple. D’où la faiblesse des données statistiques et la prudence des scientifiques.

Dans l’Atlantique nord, depuis une vingtaine d’années, une augmentation de la fréquence des cyclones a été constatée mais c’était l’inverse entre 1970 et 1995, selon Franck Roux, de l’Université Paul-Sabatier de Toulouse.

En fait, les chercheurs se sont aperçus que l’activité cyclonique dans cette région suit des cycles de plusieurs dizaines d’années et estiment qu’il n’est pas encore possible de dire si la hausse du nombre de cyclones dans la région relève d’une variabilité naturelle ou du changement climatique.

Dans le Pacifique nord-ouest, il y a eu une légère diminution de l’activité cyclonique entre 1980 et 2010.

Les  modèles informatiques simulant le climat du 21e siècle font état d’un possible renforcement de l’intensité des cyclones (vents et pluies) et d’une possible baisse de leur fréquence au niveau du globe.

« Des cyclones d’une intensité plus grande sont l’une des conséquences attendues du changement climatique », explique Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC, groupe de référence au niveau mondial sur le climat.

« Plus la température de l’eau et le taux d’humidité sont élevés, plus le cyclone peut prendre de l’intensité. Or, ces deux éléments sont plus intenses du fait de l’augmentation de l’effet de serre », explique la climatologue. « On considère qu’il y a 7% d’humidité en plus dans l’atmosphère par degré de réchauffement », précise-t-elle.

– Niveau des mers: toujours plus haut

L’augmentation du niveau des océans est l’un des marqueurs du réchauffement de la planète. La hausse, variable selon les régions du globe, a été en moyenne de 20 cm au XXe siècle et pourrait atteindre jusqu’à près d’un mètre à l’horizon 2100.

Or, les cyclones produisent aussi une houle qui génère des « marées de tempête ». Les deux effets conjugués contribueront à exposer davantage constructions et populations côtières.

– Vers un déplacement des cyclones?

Des travaux montrent, selon Météo France, que « la latitude à laquelle les cyclones ont atteint leur intensité maximale a migré vers les pôles au cours des 35 dernières années dans les deux hémisphères ».

Cela pourrait être lié à l’expansion de la ceinture tropicale, c’est-à-dire des zones de part et d’autre de l’Équateur où règne un climat chaud et humide.

Le décalage de l’activité cyclonique dans l’Atlantique nord pourrait, toujours selon Météo-France, rendre la mer des Caraïbes et le golfe du Mexique « plus paisibles, au détriment de la côte est des États-Unis » mais cette tendance doit être confirmée par d’autres études.

© AFP

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