Canaries: les plages restent ouvertes malgré des algues urticantes

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Des baigneurs sur la plage de Las Teresitas à Santa Cruz de Tenerife (Espagne) où la présence de microalgues urticantes est signalée, le 8 août 2017.
© AFP DESIREE MARTIN

Tenerife (Espagne) (AFP) – Les autorités de l’archipel espagnol des Canaries ont annoncé mardi que les plages n’étaient pas fermées, malgré les avertissements aux baigneurs sur la présence de microalgues urticantes que des vacanciers ignorent.

« Aux Canaries aucune plage n’a été fermée à cause de la présence de microalgues », a souligné le directeur de la Santé publique de cet archipel dans l’océan Atlantique, Jose Juan Aleman dans un communiqué. « Quand on détecte des microalgues dans une zone de baignade on recommande aux baigneurs d’éviter le contact avec elles mais cela n’entraîne pas, ni n’a entrainé la fermeture de la plage ».

Sur une partie de la plage de Las Teresitas, à Santa Cruz de Tenerife, capitale de la plus grande île des Canaries, les baigneurs bravaient mardi un drapeau rouge, symbole international d’interdiction de se baigner, a constaté une photographe de l’AFP. Sur le reste de la plage flottait le drapeau jaune, qui recommande la prudence aux baigneurs.

« Une quantité importante de microalgues a été détectée ce matin sur la plage et nous avons décidé de hisser le drapeau rouge », a expliqué un secouriste de la Croix-Rouge qui a requis l’anonymat.

« Nous avons passé toute la journée à informer et à donner des coups de sifflet. Nous les sortons de l’eau et peu après ils y retournent », a-t-il ajouté.

Cette concentration exceptionnelle d’algues microscopiques qui teint les eaux, du marron verdâtre au marron rougeâtre, est favorisée par le réchauffement de la température.

« Depuis fin juin, nous assistons à des épisodes d’efflorescence massives (ou +bloom+) de microalgues, parfois arrivées jusqu’aux eaux de baignade sur les plages », avait confirmé lundi à l’AFP M. Aleman.

« Cette algue microscopique est une cynobactérie, la Trichodesmium erythraeum. Sa prolifération est un phénomène naturel et temporaire qui va disparaître », avait-il expliqué, mettant en cause notamment « le réchauffement qui la favorise ».

« Elle contient une toxine qui peut produire une irritation de la peau, une dermatite, il faut donc éviter d’entrer en contact avec elle dans l’eau comme sur le sable », recommande ce responsable.

L’archipel a reçu l’an dernier plus de 13 millions de visiteurs étrangers et les services de la Santé publique soulignent dans leur communiqué que les microalgues apparaissent aussi sur d’autres côtes d’Espagne.

« Les conditions idéales sont réunies pour la prolifération de ces microalgues », a expliqué à l’AFP Marta Sansón, professeure de biologie végétale à l’université de La Laguna, « une augmentation de la température de l’eau avec la chaleur ambiante » et un épisode de brume de « poussière du Sahara, riche en fer, qui est un nutriment apprécié par ces micro-organismes ».

© AFP

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