Nicolas Hulot veut renforcer la lutte contre la chasse aux ortolans

Publié le : Last updated:

Temps de lecture : 2 minutes  

ortolan

Photo d’un ortolan prisonnier d’un piège de braconneurs prise le 30 août 2009 à proximité de Tartas
© AFP/Archives NICOLAS TUCAT

Paris (AFP) – Nicolas Hulot a demandé au préfet des Landes de « renforcer la lutte contre le braconnage du Bruant ortolan », un passereau prisé par certains gastronomes mais dont la chasse est interdite, afin d' »enrayer sa disparition », a annoncé mardi le ministère de la Transition écologique.

L’ortolan est un oiseau migrateur protégé par le code de l’environnement et classé comme espèce en danger sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Sa chasse est illégale dans l’Union européenne. Il fait cependant l’objet d’une chasse traditionnelle et controversée dans le Sud-Ouest où une certaine tolérance a longtemps été observée.

M. Hulot « a donné instruction au préfet des Landes de renforcer toutes les mesures de surveillance, de contrôle et de verbalisation, tant à l’égard des braconniers que des intermédiaires qui se livreraient à un trafic, et de n’accorder, comme l’an dernier, aucune tolérance aux pratiquants », écrit le ministère dans un communiqué.

L’objectif est de « protéger les derniers représentants de cette espèce et (d’)enrayer sa disparition », explique-t-il.

« La pratique du braconnage des ortolans est illégale, elle doit cesser », déclare M. Hulot, cité dans le communiqué.

Selon une étude scientifique rendue publique en décembre 2016, 81.000 couples d’ortolans (dont 75% proviennent de Pologne) empruntent en moyenne la route atlantique passant par le sud-ouest de la France. La tendance est au déclin (-20 à -30% de 2000 à 2014).

Selon la Commission européenne, la population européenne d’ortolans a diminué de 84% entre 1980 et 2012.

La chasse aux ortolans « fait courir un risque important à la survie de l’espèce alors que le milieu naturel de cet oiseau est menacé par le dérèglement climatique et l’urbanisation qui détruit son  habitat », souligne le ministère.

La France, qui fait l’objet d’un recours de la Commission européenne devant la Cour de justice de l’UE, risque une amende de « plusieurs dizaines de millions d’euros », rappelle par ailleurs le ministère.

Mets prisé notamment par François Mitterrand, l’ortolan, qui est engraissé quelques semaines, noyé dans l’armagnac puis cuisiné, est plébiscité par de grands chefs qui souhaitent une dérogation – une fois par an – à l’interdiction en vigueur pour sauvegarder cette tradition culinaire.

© AFP

Media Query: