Semis et manifestation « pour arrêter » le megaprojet Europacity, dans le Val-d’Oise

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Des manifestants brandissent une banderole « Non à EuropaCity », le 21 mai 2017 à Gonesse (Val-d’Oise)
© AFP Thomas SAMSON

Gonesse (France) (AFP) – « Des champs, pas d’Auchan! », « Au boulot Hulot » : des centaines de citoyens, élus et syndicalistes ont manifesté dimanche à Gonesse (Val-d’Oise) pour « arrêter » le mégaprojet Europacity, qui mêlera à partir de 2024 commerces et loisirs sur 80 hectares de terres agricoles.

Estimé à 3,1 milliards d’euros, ce projet porté par Immochan, la branche immobilière du groupe Auchan, en partenariat avec le conglomérat chinois Wanda, représente le plus grand investissement privé en France depuis la construction de Disneyland Paris en 1992.

A l’appel du « Collectif pour le triangle de Gonesse », les militants, estimés à 500 par la police, se sont réunis dimanche matin pour semer un des champs qui accueillera ce complexe imaginé comme un « nouveau quartier du Grand Paris », entre les aéroports du Bourget et de Roissy, à moins de 20 km au nord de la capitale.

Vers 15H30, derrière une banderole « Non à Europacity » tenue par des enfants, ils ont marché en direction de la mairie de Gonesse au chant de « Urbanistes, aménageurs, pendez-vous! Laissez-nous tranquilles! », sous des drapeaux de Solidaires, Attac ou la Confédération paysanne.

Présent parmi eux, le conseiller régional et coordinateur du parti de gauche Eric Coquerel a dénoncé un « projet emblématique d’un projet de société consumériste » qui « va tuer les commerces de proximité ». « On était nombreux à Notre-Dame-des-Landes, on était nombreux à Bure, on va gagner, ils vont être obligés de reculer », a-t-il lancé, en référence à des projets d’aéroport et d’enfouissement de déchets nucléaires.

Pendant ce temps, le maire PS de Gonesse Jean-Pierre Blazy avait réuni devant l’hôtel de ville quelques dizaines d’habitants pour défendre ce projet qui sera, selon lui, « favorable à l’emploi ».

Dans un communiqué, Europacity a dénoncé les critiques « infondées » de ses opposants et promis de « développer un ensemble urbain très attractif » qui « participera au désenclavement, au rayonnement et à la relance économique du Nord de l’Ile-de-France ». « Le projet est conçu pour que les habitants en soient pleinement bénéficiaires, notamment en termes de création d’emplois », a assuré le promoteur.

Près de 12.000 emplois étaient annoncés « en phase d’exploitation ». Europacity retient désormais le nombre de 10.100 (dont 7.400 à 8.100 créations nettes), qui était celui d’une expertise indépendante diligentée par la commission nationale du débat public.

Le promoteur d’Europacity est prêt à renoncer à son « parc des neiges » avec pistes de ski et snowpark au nord de Paris, qui cristallise une partie des critiques, « si les études environnementales ne montrent pas son exemplarité ».

Sur les pancartes brandies dimanche par les manifestants, on pouvait notamment lire : « Pas de tire-fesse à Gonesse ».

© AFP

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