Algues vertes: l’enquête sur le décès d’un joggeur classée sans suite

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Des algues vertes sur une plage de Grandcamp-Maisy, dans le Calvados, le 9 juillet 2014 © AFP/Archives CHARLY TRIBALLEAU

Saint-Brieuc (AFP) – L’enquête sur le décès d’un coureur à pied, dans une vasière à l’embouchure du Gouessant (Côtes-d’Armor), début septembre 2016, a été classée sans suite par le parquet de Saint-Brieuc, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

« Les causes du décès restant au terme de l’enquête médicalement incertaines, il ne pourrait être juridiquement établi aucun lien de causalité direct et certain avec une éventuelle faute constitutive d’une éventuelle infraction », a expliqué le procureur auprès d’un correspondant de l’AFP.

Âgé de 50 ans, sportif et habitué des lieux, le joggeur avait été retrouvé mort à Hillion le 8 septembre 2016, dans la vase, à l’embouchure d’un fleuve côtier, le Gouessant, dans la baie de Saint-Brieuc.

En apprenant le lieu du décès, des associations s’étaient immédiatement interrogées sur le lien avec les algues vertes, qui, en se décomposant, émettent du sulfure d’hydrogène (H2S), un gaz extrêmement toxique à forte dose.

A l’été 2011, 36 sangliers avaient été retrouvés morts dans cet estuaire. « L’hypothèse d’une intoxication par le sulfure d’hydrogène (H2S) est la plus probable, sans pouvoir néanmoins affirmer qu’il s’agit du seul facteur contributif de la mortalité massive », avait alors considéré l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) dans un rapport.

Pour le joggeur, le parquet de Saint-Brieuc avait ordonné, mais seulement deux semaines après les faits, n’ayant pas fait immédiatement le rapprochement avec les algues vertes, l’exhumation du corps pour pratiquer une autopsie et des analyses toxicologiques.

Leurs résultats n’avaient pas permis pas de déterminer clairement les causes du décès. Le procureur de la République de Saint-Brieuc, Bertrand Leclerc, avait toutefois précisé, dans son communiqué, que l’aspect des poumons du joggeur « était compatible avec une asphyxie œdémateuse orientant vers une cause d’origine centrale qui peut survenir tant sous l’effet de toxiques, dont l’H2S, que d’une privation brutale d’oxygène résultant d’un arrêt cardiaque ».

Deux associations avaient alors contesté les conclusions du parquet, Bretagne Terres d’eau Pure reprochant pour sa part que les investigations initiales avaient évité les prélèvements sanguins au moment du décès, « alors qu’il est d’usage d’en pratiquer immédiatement pour la recherche du dosage d’H2S », avait-elle souligné.

De leur côté, des médecins, dont plusieurs spécialistes en toxicologie, avaient affirmé que les informations communiquées par le procureur de la République montraient « des signes concordants d’une intoxication aiguë au sulfure d’hydrogène ».

La famille du joggeur, informée lundi du classement sans suite de ce dossier, n’a jusqu’à présent pas porté plainte.

©AFP

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