Brésil: la forêt continue de reculer devant l’élevage

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Troupeau de vaches près d’Anapu, dans l’Etat du Para où se trouve l’estuaire de l’Amazone, dans le nord-est du Brésil, le 1er juin 2012
© AFP/Archives EVARISTO SA

Rio de Janeiro (AFP) – La déforestation de l’Amazonie a progressé en 2016, pour la deuxième année consécutive, à hauteur de 29%, malgré une amélioration continue des performances du Brésil les années précédentes pour intensifier son élevage afin de préserver la forêt.

Selon les observations satellitaires menées par l’Institut national de recherches spatiales (INPE), la forêt amazonienne a perdu près de 800.000 hectares en 2016, son plus haut niveau de déforestation depuis 2008.

Plus de la moitié des disparitions ont eu lieu sur des propriétés tenues par la loi de préserver 80% de leur végétation initiale.

Néanmoins sur une plus longue période, depuis 2004, le taux de déforestation global de l’Amazonie a chuté de 71%.

Interrogé sur l’évolution de la superficie du territoire brésilien dédiée à l’élevage, Evaristo Eduardo de Miranda, en charge du contrôle par satellite au sein d’Embrapa, a souligné ces progrès.

« Dans les années 1990, les pâturages occupaient 210 millions d’hectares, contre 165 millions aujourd’hui, alors même que le cheptel brésilien est passé de 140 millions à 209 millions de têtes », a-t-il indiqué à l’AFP.

L’utilisation d’engrais et les modifications génétiques du bétail, dont le poids moyen par carcasse a augmenté de 23 kilos en vingt ans, ont aussi participé à l’amélioration de la productivité des bêtes et des terres.

Néanmoins, pour l’ONG Greenpeace, l’élevage continue d’être le principal facteur responsable de la déforestation de l’Amazonie. Selon l’ONG, en 2015, des bovins occupaient 60% de la surface déforestée.

Les défenseurs environnementaux dénoncent un manque de contrôle des zones protégées et s’inquiètent de la migration de l’élevage vers le Cerrado, la savane brésilienne. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), la moitié de sa végétation initiale y a déjà été détruite.

Passée quasiment inaperçue au Brésil, l’opération « Carne Fria » (viande froide), conduite parallèlement à l’opération « Carne Fraca » (viande avariée) menée par la police le 17 mars, a conduit à la fermeture de trente unités de production soupçonnées de commercialiser du bétail provenant de zones de déforestation illégale, pratique considérée comme un crime environnemental.

© AFP

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