L’oléoduc Keystone XL pour sortir le pétrole du Canada

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Keystone

Le site d’exploitation des sables bitumeux de Syncrude, près de Fort McMurray, dans la Province de l’Alberta, au Canada, le 22 octobre 2009
© AFP/Archives MARK RALSTON

Washington (AFP) – En donnant son feu vert à la construction de l’oléoduc Keystone XL, le président Donald Trump ouvre les vannes à l’approvisionnement du pétrole canadien, extrait des sables bitumineux de l’Alberta (ouest).

Voici les paramètres clés du projet.

– LE KEYSTONE XL –

L’oléoduc Keystone XL est un projet d’extension de l’oléoduc existant Keystone, construit par le groupe canadien TransCanada, qui relie déjà la province canadienne de l’Alberta à des terminaux pétroliers du nord des Etats-Unis, dans l’Illinois.

Avec Keystone XL, l’objectif de l’opérateur d’oléoducs est d’augmenter le débit et aussi de relier plus directement les sites pétroliers de l’Alberta au Texas, dans le sud américain.

Pour cela, TransCanada a obtenu vendredi de pouvoir ajouter un tronçon sur 1.897 km de Hardisty, à 500 km au sud des mines de sables bitumineux de l’Alberta, jusqu’à Steele City, au sud-est du Nebraska, où une connexion avec d’autres oléoducs permettra d’acheminer le pétrole brut jusqu’aux raffineries du Golfe du Mexique.

Cet oléoduc est une canalisation de près d’un mètre de diamètre capable de transporter 830.000 barils de pétrole par jour.

– COURROUX DES ECOLOGISTES –

Les organisations de défense de l’environnement tirent à boulets rouges sur ce projet en raison d’un pétrole lourd extrait dans des conditions énergivores avec l’émission de gaz à effet de serre. Les écologistes attirent aussi l’attention sur les fuites des oléoducs qui polluent les nappes phréatiques ou les cours d’eau.

TransCanada avait d’ailleurs dû revoir son tracé initial qui posait un risque de fuites pour les nappes phréatiques des Sand Hills dans le Nebraska.

Dans son rapport environnemental en 2014, le département d’Etat américain avait minimisé l’impact pour l’environnement et le réchauffement climatique du Keystone XL, en estimant qu’indépendamment de sa construction, les compagnies pétrolières exploiteraient les sables bitumineux quitte à utiliser d’autres moyens de transport du brut.

Pour TransCanada, Keystone XL c’est l’assurance pour les populations d’avoir « moins de fuites », moins de conséquences pour la santé et « moins de victimes » que si le pétrole était transporté par rail avec les nombreux déraillements.

– RETOMBÉES ÉCONOMIQUES –

TransCanada promet des retombées importantes avec un apport de 3,4 milliards de dollars au produit intérieur brut américain. L’entreprise promet aussi plus de 50 millions de dollars de rentrées fiscales pour les communes des trois Etats américains traversés par le projet: Montana, Dakota du Sud et Nebraska.

Des études avaient jugé que la construction pendant deux ans pouvait créer environ 42.100 emplois directs et indirects. Barack Obama, en juillet 2013, avait quant à lui relevé que Keystone XL ne créerait que 50 emplois permanents.

– SÉCURITÉ –

Selon TransCanada, l’acheminement de pétrole par des oléoducs souterrains est bien plus sûr que le transport maritime ou ferroviaire. La société a ainsi affirmé que 4,6 millions de kilomètres d’oléoducs transportaient quotidiennement « 99,9998% du pétrole et du gaz naturel à travers les Etats-Unis de manière sûre et fiable ».

Le projet Keystone XL prévoyait d’équiper l’oléoduc de 21.000 capteurs capables de fournir des rapports toutes les cinq secondes par satellite et d’isoler des tronçons présentant des problèmes en quelques minutes grâce à des vannes actionnées à distance.

© AFP

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