Sur l’île de Guam, la forêt mise à mal par des serpents

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Le boiga irregularis qui se nourrit de lézards, de petits oiseaux, de chauve-souris et de rongeurs, est arrivé sur l’île de Guam, située dans l’océan Pacifique, via un cargo il y a plus de 60 ans.
© DPA/AFP/Archives JULIAN STRATENSCHULTE

Paris (AFP) – La capacité des forêts de l’île de Guam à se régénérer est mise à mal par une espèce invasive de serpent – le boiga irregularis – qui a décimé les populations d’oiseaux de ce territoire assurant la dispersion des graines des arbres, indique une étude publiée mercredi.

« L’impact global de l’invasion du boiga irregularis, et du déclin des oiseaux, est encore à déterminer, mais nos résultats suggèrent clairement que les effets indirects vont être importants et porteront potentiellement atteinte à la structure et la composition des forêts », indique Joshua Tewksbury, coauteur de l’étude et membre de l’organisation Future Earth.

Ce serpent, qui se nourrit de lézards, de petits oiseaux, de chauve-souris et de rongeurs, est arrivé sur l’île de Guam, située dans l’océan Pacifique, via un cargo il y a plus de 60 ans. Dès les années 80, il avait décimé 10 des 12 espèces d’oiseaux de l’île.

D’après l’étude publiée dans Nature communications, au cours d’une expérience in situ, la dispersion des graines de deux types d’arbres étudiés a été réduite de 61 et 92%, ce qui limite fortement à terme la capacité de nouveaux arbres à pousser.

« Cette énorme baisse montre combien les oiseaux sont cruciaux pour la vie des forêts », souligne dans un communiqué Haldre Rogers, une chercheuse ayant participé à l’étude.

La scientifique de l’Université de l’Iowa raconte que sur l’île de Guam « tout est silencieux » tandis que sur celle de Saipan, voisine mais préservée du boiga irregularis, « le chant des oiseaux est constant ».

Or les oiseaux s’emparent et transportent les graines de fruits des arbres et participent ainsi à réaliser des semis.

Les chercheurs ont aussi constaté que les graines qui avaient été digérées par les oiseaux avaient deux à quatre fois plus de chances de germer: probablement parce que les enzymes de la digestion aident à briser l’enveloppe des graines.

Si les conséquences du déclin des oiseaux ne sont pas encore entièrement connues, l’étude montre le potentiel des espèces invasives à refaçonner des écosystèmes entiers, concluent les chercheurs.

© AFP

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