Chaque jour, des milliers de m2 de moquettes non recyclées

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Moquette

Le stand du ministère de l’Agriculture après le passage de manifestants, à Paris le 27 février 2017
© AFP JOEL SAGET

Paris (AFP) – Où partent les tapis des festivals, les moquettes des maisons ou des salons professionnels ? Le plus souvent à la poubelle, s’alarme un rapport d’ONG, qui déplore un recyclage « quasi absent » dans le secteur des moquettes à usage unique.

« Chaque année, près de 700 millions de m2 de moquette sont mis sur le marché européen. Or les circuits de réutilisation et le recyclage sont encore quasiment inexistants, malgré les allégations de certains acteurs », souligne l’ONG Zero Waste France, auteur avec la Fondation Changing Markets de ce premier rapport sur le sujet, intitulé « Moquette: la planète au bout du rouleau ».

En Europe, le rapport estime à moins de 3% les volumes de moquette recyclés (5% aux Etats-Unis en 2015).

Et une part de ce recyclage est en fait du « downcycling »: la transformation en un produit de qualité inférieure ne pouvant pas être à son tour recyclé.

Le « grand gâchis » atteint en France son « paroxysme dans le secteur de l’événementiel, où la moquette est utilisée quelques heures ou quelques jours avant d’être jetée », note le rapport: c’est-à-dire brûlée ou enfouie en décharge.

« On peut donc parler d’un produit jetable », souligne Zero Waste, qui a fait ses calculs: plus de 1.100 foires et salons dans l’Hexagone chaque année, soit près de 6 millions de m2 de stands dont une grande partie couverte de moquette à usage unique, sans compter les allées et les espaces extérieurs. C’est « le niveau zéro de l’économie circulaire ».

« Des solutions de réutilisation existent pourtant, via des systèmes de location qui sont utilisés à grande échelle dans d’autres pays européens », insiste le rapport.

Le document d’une cinquantaine de pages identifient des solutions: l’éco-conception des matériaux pour permettre réutilisation et recyclage, mettre en place des dispositifs de tri spécifiques pour récupérer des moquettes non polluées par d’autres déchets, et développer des débouchés de réutilisation.

« Il est urgent d’agir, sous peine de piéger l’industrie dans un modèle non-durable pour encore 10 ou 15 ans », exhorte Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France, qui déplore aussi une communication environnementale de certains fabricants « en décalage avec la réalité ».

Recycler 100 m2 de moquette permet à chaque fois de détourner environ 243 kg de moquette des décharges, d’économiser 193 litres de pétrole et évite l’émission de 445 kg de CO2 (soit un trajet en voiture de 1.600 km), pointe encore le rapport.

© AFP

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