L’impact du réchauffement sur les animaux jusqu’ici « sous-estimé »

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C’est l’heure de la toilette pour un éléphant, avant une procession religieuse à Colombo, le 9 février 2017
© AFP LAKRUWAN WANNIARACHCHI

Paris (AFP) – Le réchauffement climatique touche près de la moitié des mammifères terrestres et le quart des oiseaux en péril, bien plus qu’il n’était envisagé jusqu’ici, souligne une étude.

Les primates et les éléphants sont parmi les plus concernés, notamment parce qu’ils ne se reproduisent pas vite et s’adaptent lentement face à des changements environnementaux rapides, soulignent ces travaux parus dans la revue Nature Climate Change.

Selon cette étude, co-produite notamment par l’université du Queensland (Australie), les dommages sont déjà en cours pour « un grand nombre » d’espèces.

« L’impact du changement climatique sur les mammifères et les animaux est actuellement très sous-estimé », affirment les chercheurs, qui ont utilisé les données tirées de 136 études, portant sur 120 espèces de mammifères et 569 espèces d’oiseaux.

Les scientifiques ont notamment étudié courbes démographiques, taux de reproduction, zones géographiques, évolutions des climats, étendant ensuite leurs constats aux espèces menacées listées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Sur les 873 espèces de mammifères listées, 414 (47%) répondent « de façon négative » au processus de réchauffement. Pour les oiseaux, la proportion est de 23,4% (298 espèces), conclut l’étude.

« Les efforts de recherche et de préservation devraient s’intéresser plus aux impacts +ici et maintenant+ du changement climatique », pas seulement aux prévisions pour l’avenir, écrivent les auteurs.

« Une action significative doit être entreprise dès maintenant pour enrayer l’extinction des espèces », souligne un des co-auteurs, James Watson, de la Wildlife Conservation Society: « le changement climatique n’est plus une menace à venir ».

Le déréglement du climat peut affecter les animaux en limitant leur accès à l’eau ou à la nourriture, en répandant des maladies ou en réduisant les habitats.

Outre les éléphants et les singes, l’équipe pointe les risques pour les marsupiaux.

Beaucoup de ces animaux évoluent dans des régions tropicales rendues moins stables par le réchauffement.

Parmi les oiseaux concernés, beaucoup vivent en milieu aquatique, cadre très vulnérable aux hausses de températures, soulignent les chercheurs.

En revanche les rongeurs pouvant s’enfouir dans le sol et se protéger des conditions extrêmes, seront bien moins exposés aux bouleversements, ajoutent-ils.

Fin 2015, 195 nations ont adopté l’accord de Paris pour limiter le réchauffement sous le seuil de 2°C par rapport à la Révolution industrielle, dérèglement généré largement par la combustion des énergies fossiles.

Mais pour les scientifiques, cette limite reste encore très élevée, et les engagements nationaux pris à ce stade insuffisants.

© AFP

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