Catastrophe des boues rouges en Hongrie: vers un nouveau procès

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Boues rouges

Plus d’un million de mètres cubes de boues rouges toxiques avaient englouti trois villages, ici celui de Kolontár, faisant 10 morts et 150 blessés, à la suite de la rupture d’un réservoir fissuré de l’usine MAL d’Ajka, le 4 octobre 2010
© AFP/Archives ATTILA KISBENEDEK

Budapest (AFP) – Une cour d’appel hongroise a ordonné lundi la tenue d’un nouveau procès concernant la gigantesque coulée de boues rouges qui avait fait dix morts et occasionné une pollution majeure dans la région danubienne en 2010, un an après une relaxe générale.

Poursuivis pour homicides par négligence, atteinte aux biens publics, violation des processus de gestion de déchets et atteinte à l’environnement, le patron de la société de bauxite-aluminium MAL et 14 salariés avaient été relaxés fin janvier 2016 après quarante mois de procès à Veszprém (ouest).

Saisie par le parquet général, qui avait initialement requis des peines de prison ferme, la cour d’appel de Györ (nord-ouest) a ordonné lundi la tenue d’un nouveau procès.

Le ministère public a fait valoir des irrégularités de procédure dans le jugement de première instance et a estimé, sur le fond, que les responsables de l’usine auraient pu éviter la catastrophe.

Plus d’un million de mètres cubes de boues rouges toxiques avaient englouti trois villages, faisant dix morts et 150 blessés, à la suite de la rupture d’un réservoir fissuré de l’usine MAL d’Ajka, à 160 km à l’ouest de Budapest, le 4 octobre 2010, provoquant l’un des plus graves accidents industriels et écologiques en Europe ces dernières années.

Le tribunal de Veszprém avait conclu l’an passé à une absence de responsabilité pénale du personnel de l’usine, estimant que le drame était imputable à une conception inadaptée du réservoir et à des contrôles administratifs insuffisants.

Les digues mal entretenues avaient cédé après plusieurs jours de pluies diluviennes. Outre le lourd bilan humain, la coulée de boues très alcalines et contenant des métaux lourds avait contaminé une quarantaine de kilomètres carrés de terrain ainsi que les eaux du Danube.

En dépit des centaines de millions d’euros investis pour la dépollution et la reconstruction des villages touchés, des centaines d’hectares restent interdits à la culture et des dizaines d’habitants ont refusé de revenir vivre dans la zone.

En septembre 2011, l’usine MAL, qui a repris son activité, avait été condamnée à 135 milliards de forints (500 millions d’euros) d’amende par les autorités régionales hongroises chargées de la protection de l’environnement. En défaut de paiement, la société a été nationalisée.

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