Mayotte: manifestation pour dénoncer les pénuries d’eau

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Mayotte

Un enfant remplit un seau d’eau potable à Tsararano sur l’île de Mayotte le 27 décembre 2016
© AFP/Archives Ornella LAMBERTI

Mamoudzou (AFP) – Les pénuries d’eau à Mayotte ont suscité jeudi une manifestation destinée à interpeller les élus et les autorités sur les conséquences de la grave sécheresse qui sévit dans une partie du département d’outre-mer.

A l’appel du Collectif de lutte contre la pénurie d’eau à Mayotte, quelque 70 personnes ont manifesté dans les principales artères du chef-lieu Mamoudzou, en passant devant le Conseil départemental jusqu’à la préfecture.

La ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, avait annoncé dans un communiqué mercredi que l’État envisageait d’envoyer un tanker d’eau, une piste « activement travaillée » en plus de la trentaine de « rampes » de distribution d’eau déjà installées.

La pénurie d’eau sévit depuis mi-décembre au sud et au centre de Mayotte en raison du manque de pluies. Les habitants des communes de cette partie de l’île sont soumis à des rationnements en eau toutes les 72 heures. Une réunion du préfet avec les maires des huit communes concernées est prévue vendredi.

Les manifestants, reçus jeudi par un sous-préfet, sont ressortis très insatisfaits de la rencontre.

« A notre requête pour des mesures exceptionnelles d’alimentation des populations sinistrées en eau, la préfecture nous a répondu que l’État n’a pas assez de moyens, et que les mesures qui doivent être appliquées en urgence pourraient coûter trop cher à l’État », a déploré Ousseni Ballache, membre du collectif et par ailleurs syndicaliste CFDT.

Le Collectif dénonce les conséquences notamment sanitaires et économiques, qui commencent à être ressenties, et le coût élevé de l’eau en bouteille dans une île touchée par la pauvreté.

« Nous avons des patients hospitalisés à domicile par souci d’économie pour la sécurité sociale, et qui se retrouvent confrontés à la pénurie d’eau notamment en matière d’hygiène. Il faut ajouter que nous risquons des propagations des épidémies de typhoïde, de la gale, d’hépatite A… », s’est inquiété M. Ballache.

Les secteurs du BTP, de la restauration, du tourisme sont notamment pénalisés, a-t-il souligné.

Au niveau scolaire, des enfants sont réduits à se rendre à l’école pour 2 heures de cours par jour, les conditions hygiéniques des sanitaires n’étant pas garanties, a encore rapporté M. Ballache.

Selon le ministère, l’installation des rampes de distribution d’eau a permis de prolonger l’accès aux ressources existantes jusqu’à fin mars.

© AFP

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