Pollution: après Paris et Lyon, Grenoble trie ses voitures

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Des gendarmes au péage de Crolles, à l’entrée nord-est de Grenoble, le 24 janvier 2017
© AFP JEAN-PIERRE CLATOT

Grenoble (AFP) – Après Paris, Grenoble introduit à son tour mardi la circulation différenciée pour contrer un nouveau pic de pollution durable, qui touche aussi Lyon et une large moitié nord de la France.

Comme lors du précédent épisode en décembre, au 5e jour de pollution aux particules fines dépassant 50 microgrammes/m3 d’air (µg/m3), l’agglomération iséroise interdit de rouler aux voitures âgées de vingt ans et plus – soit 8% de son parc automobile.

Les poids lourds, bus et autocars antérieurs à octobre 2001 et les deux roues d’avant juin 2000 doivent également rester au garage dans les 49 communes de la métropole.

En début de matinée au péage de Crolles, à l’entrée nord-est de la ville, les gendarmes constataient peu d’infractions. « Les gens sont conscients que dans ces vallées et agglomérations, il y a des problèmes de pollution. Ils essaient d’adapter leurs comportements même si c’est difficile car on est dans une civilisation de la voiture », commentait Olivier Kemps, chef de l’escadron départemental de sécurité routière en Isère.

Contrairement à décembre, la verbalisation est cette fois en vigueur. Le conducteur d’un Renault Espace de 1995 a ainsi été sanctionné d’une amende de 22 euros.

Si le pic de pollution devait se poursuivre, les restrictions pourraient concerner davantage de véhicules jeudi. Mais Jean-François Bellicot, ingénieur d’une cinquantaine d’années, contrôlé au volant d’une Peugeot de 2000, a déjà la parade: « j’ai un autre véhicule donc il faudra que je m’arrange avec mon épouse », explique cet habitant du nord-Isère qui fait 160 km chaque jour, aller-retour, pour se rendre au travail.

– Pédagogie –

A Lyon et Villeurbanne, le dispositif mêlant circulation alternée et différenciée a été reconduit mardi, le niveau de pollution devant atteindre 88 µg/m3 après un pic à 118 µg/m3 dimanche.

Mais contrairement à Paris et Grenoble, les vignettes Crit’Air n’y sont pas obligatoires et la restriction de la circulation repose encore principalement sur l’alternance des plaques d’immatriculation.

Après les véhicules pairs lundi, les impairs ne doivent pas rouler mardi, sauf ceux dotés d’une vignette verte (zéro émission), violette (1), jaune (2) et orange (3) qui, eux, sont autorisés.

Selon la préfecture, 48.000 vignettes avaient été commandées au 20 janvier dans le Rhône, le site Crit’Air faisant face à un afflux de demandes.

A Paris et en petite couronne, l’interdiction de circulation aux véhicules de 20 ans et plus a été reconduite jusqu’à mercredi minuit. Les vignettes sont obligatoires depuis le 16 janvier mais il reste beaucoup de pédagogie à faire, selon les autorités.

– « Ampleur géographique exceptionnelle » –

Selon l’Institut National de l’Environnement industriel et des risques, cet épisode de pollution qui a débuté le 20 janvier est « exceptionnel par son ampleur géographique ». Il touche une grande partie de la France mais aussi l’Europe de l’Ouest (Benelux, Royaume-Uni, Allemagne) et plusieurs pays d’Europe centrale.

En cause, le trafic routier, l’industrie, le chauffage résidentiel et l’agriculture, associés à des conditions anti-cycloniques stables et froides ne favorisant pas la dispersion des polluants.

« Je pense que ça ne sert à rien. On interdit à des voitures de circuler mais ça ne fait pas diminuer la pollution », estimait une conductrice contrôlée à Grenoble.

En dehors de la région parisienne et de Rhône-Alpes, de très nombreux départements sont concernés par l’épisode de pollution dans le sud-ouest, le centre, le nord, l’est et l’ouest. Le seuil d’alerte est notamment atteint en Normandie, dans les Deux-Sèvres, la Vienne et les Landes, dans le Loiret, l’Eure-et-Loir, l’Indre-et-Loir et le Loir-et-Cher.

Des mesures de limitation de vitesse sont en vigueur dans plusieurs départements bretons, en Franche-Comté, dans les Hauts-de-France où les bus sont gratuits à Dunkerque et Arras, en Seine-Maritime. Des forfaits « pollution » sont aussi proposés dans les transports en commun à Lille ainsi qu’à Paris et Strasbourg.

La pollution atmosphérique, troisième cause de mortalité évitable, génère 48.000 décès prématurés par an en France, selon l’organisme Santé publique.

© AFP

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