Donald Trump va relancer deux projets d’oléoducs controversés

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Le chef indien des nations Dakota, Lakota et Nakota, Arvol Looking Horse, participe à une manifestation contre le projet d’oléoduc Keystone XL devant la Maison Blanche à Washington DC, le 28 janvier 2015
© AFP/Archives NICHOLAS KAMM

Washington (AFP) – Le nouveau président américain Donald Trump devait donner mardi une impulsion à deux projets d’oléoducs controversés, dont la construction avait été bloquée par l’administration Obama au nom en particulier de la lutte contre le changement climatique.

Au lendemain de l’annonce du retrait de l’accord de libre-échange Asie-Pacifique (TPP), le nouveau président continue à traduire certaines de ses promesses de campagne sur le papier: il a prévu de signer une série de décrets en fin de matinée dans le Bureau ovale.

Selon plusieurs médias américains, il devrait ouvrir la voie à la construction de l’oléoduc controversé Keystone XL reliant le Canada aux États-Unis, et à celui de la compagnie Energy Transfer Partners dans le Dakota du Nord.

La tracé de ce dernier a été rejeté en décembre après une intense mobilisation des Amérindiens et des écologistes.

La tribu sioux de Standing Rock reproche à l’entreprise de vouloir faire passer l’oléoduc, baptisé Dakota Access Pipeline, sur des sites sacrés où sont enterrés leurs ancêtres, menaçant par la même occasion leurs sources d’eau potable.

Long de 1.900 kilomètres, dont 1.400 aux États-Unis, le projet Keystone XL vise lui à transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l’Alberta (dans l’Ouest du Canada) jusqu’au Nebraska (au centre des États-Unis) d’où il pourrait rejoindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.

Durant sa campagne, Donald Trump avait promis de relancer ce gigantesque projet.

« Je veux le voir construit », avait-il déclaré, tout en affirmant vouloir renégocier les termes du contrat avec la société canadienne TransCanada. « Je l’approuverai à 100% mais je veux de meilleures conditions (…). Je dirai: +les gars, on va vous laisser construire l’oléoduc mais donnez-nous une part du gâteau+ ».

– Réglementation trop lourde –

En s’opposant au projet fin 2015, sept ans après la première demande de permis de construire, M. Obama avait provoqué la colère des républicains.

Jugeant que le projet n’était pas dans l’intérêt national de son pays – « Transporter du pétrole brut plus sale jusque dans notre pays ne renforce pas la sécurité énergétique des États-Unis » – le président démocrate avait aussi estimé qu’approuver tel projet aurait affaibli le leadership des États-Unis dans la lutte contre le changement climatique.

M. Trump a commencé sa journée en recevant les dirigeants des grands groupes automobiles américains, à qui il a promis d’assouplir les réglementation pour éviter les délocalisations d’usines.

Martelant sa conviction que la réglementation, en matière de sécurité comme d’environnement, était devenue beaucoup trop lourde aux États-Unis, le président républicain a promis aux dirigeants – dont Mary Barra (GM) et Mark Fields (Ford) – de rendre les processus d’autorisation plus rapides.

Dans son discours d’investiture vendredi, Donald Trump a promis d’articuler sa politique autour d’un seul axe: « l’Amérique d’abord », énonçant « deux règles simples »: acheter américain et embaucher américain.

Premier constructeur automobile américain, GM est le dernier d’une longue série de grandes entreprises américaines ayant annoncé des investissements aux États-Unis sous les injonctions de M. Trump, élu sur la promesse de préserver les emplois manufacturiers aux États-Unis.

Les constructeurs sud-coréens Kia et Hyundai, présents sur le marché américain, ont de leur côté promis d’augmenter leurs investissements aux États-Unis lors des cinq prochaines années et d’examiner la possibilité de construire une nouvelle usine.

Selon une tradition qui remonte au début des années 1980, le président de la Chambre des représentants a invité mardi Donald Trump à s’exprimer devant le Congrès le 28 février.

Pour la première fois depuis 2006, le parti républicain contrôle à la fois les deux chambres du Congrès et la Maison Blanche, ouvrant la voie à de nombreuses réformes conservatrices.

© AFP

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