La politique énergétique de la France passée au crible par l’AIE

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Politique énergétique

Photo d’une éolienne prise à Villeveyrac dans le sud de la France, le 13 janvier 2017.
© AFP PASCAL GUYOT

Paris (AFP) – La France a une politique ambitieuse pour sa transition énergétique, mais elle doit encore mobiliser des « investissements significatifs » dans les énergies vertes, l’efficacité énergétique et l’évolution du parc nucléaire, a estimé mardi l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

La France « a mis en marche des réformes majeures » en faveur d’un modèle énergétique durable et d’une économie plus sobre, reconnaît ainsi l’AIE, dans un rapport publié mardi, sept ans après la précédente édition.

Côté bons points, l’AIE souligne notamment un « cadre politique ambitieux » avec sa loi sur la transition énergétique votée en 2015, une stratégie bas carbone et une feuille de route énergétique jusqu’à 2023.

Elle salue aussi la fermeture de 3,3 gigawatts de centrales à charbon depuis 2012. En 2015, 47% de l’énergie française était issue des énergies fossiles et le nucléaire représentait 46% du mix énergétique et 78% de la production d’électricité.

Toutefois, l’AIE pointe aussi les lacunes de la politique française.

En matière d’énergies renouvelables il reste à la France « beaucoup de chemin à parcourir » pour qu’elles couvrent 23% de la consommation d’énergie en 2023, comme le prévoit la loi, pointant « un retard » dans l’éolien, notamment en mer, et l’hydraulique.

Si la consommation finale d’énergie a baissé de 13% depuis 2004, cette baisse « n’est pas assez soutenue » pour atteindre l’objectif fixé pour 2020, indique aussi l’AIE.

La France manque surtout « de visibilité à long terme » sur le financement des mesures annoncées, juge l’Agence, alors qu’elle « devra mobiliser des investissements significatifs afin d’augmenter la part des énergies renouvelables, d’améliorer l’efficacité énergétique, de fermer ou prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaires ».

Sur le nucléaire, l’AIE estime qu’il sera « difficile » de ramener la part du nucléaire à 50% du mix électrique, car cela « impliquerait la fermeture de nombreuses centrales » et plaide pour donner à cette filière des « perspectives sur le long terme » pour qu’elle puisse programmer ses investissements de sûreté.

Autre sujet sensible, l’Agence se dit favorable à l’ouverture à la concurrence des concessions pour les barrages hydrauliques, actuellement sujet de discorde entre le gouvernement et la Commission européenne.

Défenseur de la concurrence, l’AIE recommande aussi d' »envisager l’élimination des tarifs réglementés de vente » de l’électricité et du gaz pour les particuliers, au même titre que ce qui a été fait pour les entreprises et les industriels.

© AFP

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